Les convictions

En tenant ces propos, la conseillère Sylvie Goneau... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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En tenant ces propos, la conseillère Sylvie Goneau envoie le message qu'elle se battra pour ses principes... jusqu'à ce qu'elle estime que sa carrière politique soit menacée. Drôle de convictions pour celle qui a accusé les partis politiques de «trafiquer la démocratie».

Martin Roy, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / En politique, il n'est pas rare que des gens changent d'idée, délaissent leur parti pour un autre, même celui d'en face contre lequel ils ont combattu pendant des années. Au Canada anglais, ces vire-capots sont souvent attaqués comme manquant de colonne vertébrale. La réalité n'est pas toujours aussi tranchée.

Au Québec, on ne déchire pas sa chemise pour autant.

Rappelons la surprise qu'a suscitée Gilles Rocheleau, un libéral notoire et grand pourfendeur des séparatistes, qui a brusquement changé son fusil d'épaule après le rejet de l'entente du lac Meech pour rejoindre le Bloc québécois, une coalition arc-en-ciel qui le plaçait aux côtés d'indépendantistes! Les circonstances avaient changé.

Pour les électeurs, l'important, c'est qu'ils sentent la conviction chez leurs dirigeants de la classe politique. Ça ne pardonne pas tout - ceux de Hull n'ont pas pardonné le virage de M. Rocheleau et, trois ans plus tard, lui ont préféré le libéral Marcel Massé -, mais ça pardonne beaucoup quand même.

Il est plus difficile de sentir la conviction quand la candidate à la mairie de Gatineau en 2017, Sylvie Goneau, semble déjà remettre en question sa croisade contre les partis politiques.

La voilà qui ne paraît plus tellement sûre de son implication au sein du RÉMI, le Regroupement des élus indépendants municipaux qu'elle a elle-même fondée il y a quelques mois à peine. Mardi, Mme Goneau s'est dite prête à «ouvrir la porte à un parti politique».

«Si la seule façon que j'ai de demeurer en politique c'est via un parti politique, j'aurais une décision à prendre», a-t-elle lancé.

Pour une femme qui a combattu l'idée même des partis politiques municipaux, avouons que son cheminement s'avère difficile à suivre.

LeDroit a reconnu que le combat que le RÉMI a entrepris est noble et justifié. Il y a, de fait, une inégalité dans les règles du financement politique municipal, et le dossier doit être porté auprès du ministère des Affaires municipales. Cela peut prendre des airs de croisade, mais les causes justes méritent qu'on se batte pour elles.

Avec ses propos de mardi, Sylvie Goneau envoie le message qu'elle se battra pour ses principes... jusqu'à ce qu'elle estime que sa carrière politique soit menacée.

Drôle de convictions pour celle qui a accusé les partis politiques de «trafiquer la démocratie».

Par surcroît, cela survenait quelques heures à peine après que l'un de ses alliés du RÉMI, Mike Duggan, ait lui aussi ouvert la porte à la politique partisane. Mais dans le cas du conseiller du district Lucerne, disons que c'était conséquent avec le personnage. Depuis son élection, en 2014, il a habitué la population à des positions parfois étonnantes.

Récemment, LeDroit estimait que l'unité de pensée qui caractérisait les six membres indépendants gatinois et membres du RÉMI portait en elle les germes d'un parti politique. Parce qu'à la table du conseil, ces six votent toujours pareil - et toujours contre les «alignés» d'Action Gatineau du maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Jamais aurait-on pu anticiper que deux d'entre eux flirteraient si rapidement et si ouvertement avec l'idée même de joindre un parti politique!

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