Non au «pont MacKinnon»

En fin de semaine, le PLC a servi... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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En fin de semaine, le PLC a servi un camouflet au député Steve MacKinnon. On lui a dit de ranger son idée de pont.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / En campagne électorale, le libéral Steve MacKinnon a tenté de coincer ses adversaires en dénonçant leur immobilisme sur un sixième pont entre le Québec et l'Ontario.

Il a fait le coup au bloquiste Richard Nadeau en 2011 et s'est servi du même argument contre la néo-démocrate Françoise Boivin l'automne dernier.

De M. Nadeau, il avait relevé qu'«il n'en a parlé qu'une fois en Chambre en cinq ans. Ça démontre qu'il n'est pas intéressé à entamer rapidement la construction de ce pont.»

De Mme Boivin - qui avait ravi le siège de Gatineau à Richard Nadeau -, il a aussi noté qu'elle n'avait pas posé une seule question sur le pont durant son mandat. 

En éditorial, LeDroit avait qualifié la chose de «racolage électoral de bas étage».

L'argument était vieux, mais pour certains, il semble encore fonctionner. «Je suis le seul candidat en lice, s'était vanté M. MacKinnon, qui va se battre pour le pont.»

Pour cette raison comme bien d'autres, et beaucoup en raison de l'effet de vague provoqué par Justin Trudeau, Steve MacKinnon l'a emporté.

Ça ressemblait à l'argument des fédéralistes qui, dans les élections au Québec, ressortent immanquablement l'épouvantail séparatiste pour assurer leur victoire. C'est un peu vrai, c'est un peu cheap, mais ça fonctionne à tout coup.

En fin de semaine, le Parti libéral a servi un camouflet à M. MacKinnon. On lui a dit de ranger son idée de pont. Il n'y en aura pas. Du moins, pas de sitôt. Ça ne fait pas partie de la liste de projets d'infrastructures que les libéraux endossent pour les prochaines années.

Lui qui croyait à un concours international de design pour ce pont, un concours «audacieux, ambitieux» que le fédéral pourrait organiser à l'occasion du 150e anniversaire de la Confédération, le voilà qui se fait remettre à sa place.

Le congrès d'orientation du Parti libéral du Canada aurait pu mettre le pont sur sa liste. Cette marque de bonne foi envers l'Outaouais et envers le député MacKinnon ne lui aurait rien coûté, compte tenu du fait que ni le Québec ni l'Ontario n'ont d'appétit pour un pont ces années-ci.

Le Québec ne s'y est jamais commis financièrement, surtout que cela se chiffrerait en centaines de millions de dollars, peut-être même au-delà de 1 milliard $. Quand on pense combien de décennies il a fallu pour compléter l'«autoroute» 50... 

L'Ontario, elle, est contre l'idée même d'un pont. On ne parvient pas non plus à trouver où il pourrait franchir la rivière des Outaouais. Il n'y a que l'idée d'un tunnel qui vivote encore, à l'étape d'études préliminaires de faisabilité.

Personne ne fait de cas qu'un pont supplémentaire entre Gatineau et Ottawa réponde aux souhaits et aux besoins de bien des Gatinois et de bien des Québécois. Il y a de réels bouchons sur les cinq ponts entre Gatineau et Ottawa, et les heures de pointe sont particulièrement difficiles à traverser à certaines heures de la journée.

Mais pour construire un pont, il faut l'accord des gens des deux rives. Au Canada, cela signifie deux villes, deux provinces... et idéalement, le fédéral pour payer une partie de la facture. Ce consensus paraît bien distant, en 2016.

Mais parions que Steve MacKinnon trouvera une manière de ramener cette promesse électorale en 2019...

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