Un aéroport en sursis

ÉDITORIAL / Comme bien des contribuables, le quotidien... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Étienne Ranger, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Comme bien des contribuables, le quotidien LeDroit est déchiré quant à l'avenir de l'aéroport de Gatineau. Depuis sa création par la défunte Société d'aménagement de l'Outaouais, en 1977, les déficits sont la norme au lieu de l'exception. Et pas de petites factures. En 2013, le déficit a atteint 777 000$.

La question méritait, et mérite toujours d'être posée si la Ville de Gatineau doit continuer de renflouer la caisse de l'aéroport, ou s'il doit prendre une décision drastique qui mènerait à couper le cordon ombilical qui joint l'infrastructure et le portefeuille des contribuables gatinois.

Un aéroport est une infrastructure régionale importante. La décision quant à son avenir est multifactorielle et lourde de conséquences. Pas question de changer d'idée à tous les deux ans: on appuie, on appuie pas, on appuie, etc. Comme une maison: on la vend ou on s'en occupe. 

À 777 000$ de déficit d'exploitation, la tentation est forte de conclure que l'aéroport est un atout qui coûte tout simplement trop cher à garder. Il sert à un public restreint et trop peu d'emplois en dépendent pour justifier sa pérennité.

Les élus gatinois sont arrivés à peu près à cette conclusion lorsque, nouvellement confirmés après l'élection de 2013, ils ont envoyé un message clair à la Corporation de l'aéroport qu'il fallait réduire le déficit à des niveaux plus acceptables pour le bien des contribuables. La cible était de 600 000$ pour 2014, et de 327 000$ en 2015.

En 2013, LeDroit appelait à un virage et à des indices concrets d'une amélioration de la situation financière de l'aéroport. Cela a été un peu plus long que prévu, et le conseil municipal est intervenu dans la même direction peu après. Le message semble avoir porté. Pour l'année qui vient de se terminer, l'administration de l'aéroport a respecté le plafond d'encre rouge fixé à 327 000$ par la Ville de Gatineau. Il faut s'en réjouir. Les élus l'ont reconnu en ratifiant un protocole d'entente de trois ans, en décembre dernier. L'administration en place a réussi à faire le ménage, elle méritait ce vote de confiance.

Mais il faut regarder vers l'avenir. Cela signifie que l'aéroport doit enfin jouer le rôle de moteur économique qu'on espère de cette infrastructure depuis sa création. 

Le directeur général Gaston Cloutier parle d'attirer des entreprises du secteur aéronautique depuis des années. Les résultats ont été pour le moins mitigés. Le concept de grappe aéronautique tombe sous le sens - et cela n'inclut pas vraiment la location de hangars pour accueillir des fêtes d'étudiants

La volonté du conseil municipal est plus déterminée que jamais - il faut espérer que le prochain conseil, qui sera élu à l'automne 2017, le sera tout autant. 

M. Cloutier fera appel à la commission de développement économique de Gatineau pour l'appuyer dans ses démarches de prospection d'entreprises. On aurait pu croire que cela se faisait depuis longtemps tellement cela tombe sous le sens que l'union des forces régionales est un gage de succès.

Sans trop vouloir en faire une question de personnalités, l'équipe de direction de l'aéroport a obtenu une dernière chance de faire ses preuves. Avant l'élection de 2017, les contribuables de Gatineau devraient avoir une meilleure idée quant à l'avenir de leur aéroport, et de son équipe de direction.

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