Un désaveu qui pourrait coûter cher

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Le maire et chef du parti Action Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

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ÉDITORIAL / La position des conseillers municipaux d'Action Gatineau à propos d'un nouveau projet hôtelier leur collera longtemps à la peau.

Elle semble confirmer le biais anti-développement du parti politique gatinois auquel est associé le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Cela fournira des munitions à la communauté d'affaires qui pourrait s'activer pour trouver un candidat qui représenterait mieux ses intérêts lors de la prochaine élection à la mairie, à l'automne 2017.

Depuis plus d'un an, la Ville de Gatineau est le théâtre d'un profond questionnement sur la question du développement urbain, tout particulièrement le projet des tours Brigil dans le quartier du Musée, au centre-ville du secteur Hull.

Le maire Pedneaud-Jobin et le promoteur immobilier Gilles Desjardins n'arrivent pas à trouver un terrain d'entente sur ce projet majeur d'une valeur de 400 millions $ qui installerait sur un petit pâté mi-résidentiel mi-commercial deux gigantesques tours de verre de 35 et 55 étages. Le conseil n'a pas eu à se prononcer sur le sujet, car la firme Brigil n'a pas présenté de projet officiel à la municipalité; cela pourrait devenir une question quasi-référendaire aux prochaines élections.

Voilà qu'entretemps, un projet d'un hôtel de 125 chambres dans le secteur Gatineau se retrouve à la table du conseil pour approbation. Il y a certaines résistances concernant le zonage du terrain du 11, impasse de la Gare-Talon, et l'aménagement d'espaces de stationnement. Le promoteur Jacques Bélanger souhaite une construction de six étages où le zonage n'en permet que trois, et 125 places de stationnement au lieu de 62. 

Les projets font régulièrement l'objet de négociations entre ce que permet le zonage officiel et ce que les promoteurs estiment nécessaires pour que leur plan d'affaires fonctionne. Là n'est pas le problème, mais dans le fait que les élus d'Action Gatineau se sont retrouvés isolés dans leur remise en question du projet, face à une majorité de conseillers indépendants qui l'ont appuyé.

L'élévation de la construction planifiée par le promoteur Bélanger n'a pas raison de faire problème. Il y a autour de l'impasse de la Gare-Talon plusieurs édifices qui font même plus que six étages, comme l'édifice fédéral en face de la Maison de la culture, ou l'ensemble de cinq édifices résidentiels face au magasin Brault & Martineau, sur le boulevard de la Gappe. Les objections du comité consultatif d'urbanisme ne pouvaient tenir longtemps, et il faut même s'interroger comment et pourquoi le zonage existant ne permettait que trois étages.

Quand on parle d'une ville réfractaire aux gens d'affaires, c'en était là un exemple.

La question du stationnement était bien plus problématique. Ce tronçon du boulevard Maloney est bordé d'une mer d'asphalte qui a des conséquences sur le réchauffement urbain. Les élus d'Action Gatineau ont suggéré un coûteux stationnement sous-terrain, ou étagé, qui n'avait aucun sens d'un point de vue financier, selon le promoteur. 

Les procédures municipales ont semblé court-circuiter toute recherche d'une solution de compromis - comme le partage d'espaces avec les commerces voisins. L'entêtement des conseillers d'Action Gatineau illustre qu'ils ne semblent avoir bien peu de considération pour un projet qui pomperait 18 millions $ d'activité économique à Gatineau, qui en a pourtant grand besoin. 

Si Action Gatineau peut légitimement soulever des objections sur les tours Brigil, son désaveu d'un plan d'affaires d'un hôtelier aux ambitions modestes risque bien de lui éclater en plein visage.

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