Changer le discours

Le maire Pedneaud-Jobin doit présenter un bilan plus... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Le maire Pedneaud-Jobin doit présenter un bilan plus concret que ce qu'il a entre les mains aujourd'hui. Il le sait.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / À 18 mois des élections à Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin est las des mêmes rengaines sur l'immobilisme des affaires municipales. Mais tant que les projets des tours Brigil et du futur aréna Robert-Guertin demeurent irrésolus, ils se dresseront comme des obstacles devant ses efforts à changer le discours public sur Gatineau.

Certains groupes de citoyens propagent depuis plusieurs mois une impression à l'effet que rien ne bouge à Gatineau, que des idées mettent beaucoup trop de temps à se réaliser. Ce reproche s'adresse souvent aussi au Québec tout entier, à l'effet que tout projet se heurte à une série de barrières: résistances de la gauche anti-développement, lourdeurs administratives, syndrome du «pas-dans-ma-cour», financement ardu, nouveau concept d'«acceptabilité sociale» servant à tout refuser, études à n'en plus finir, délais techniques, etc. 

Ajoutez à cela les constants affrontements au conseil municipal entre «indépendants» et «alignés» d'Action Gatineau, c'en est parfois décourageant.

Ces entraves au développement sont particulièrement évidentes lorsqu'on constate le dynamisme à Ottawa. De nombreux projets immobiliers y lèvent de terre, le train léger à 2 milliards $ roulera en 2018, le développement des plaines LeBreton s'accélère en collaboration avec la Commission de la capitale nationale, etc.

Voilà ce à quoi le maire Pedneaud-Jobin a voulu s'attaquer en prenant la parole devant la Chambre de commerce de Gatineau jeudi. Devant un auditoire de gens d'action gagnés d'avance à la cause du développement, pas du genre à s'enfarger dans les hésitations et les consultations à n'en plus finir. Ils n'ont d'ailleurs pas tourné au tour du pot lorsqu'est venue la période de questions. La première portait sur le projet Brigil, la seconde sur l'aréna Guertin. 

Dans les deux cas, M. Pedneaud-Jobin a expliqué les raisons des délais. 

«Plus droit à l'erreur» dans le cas du futur amphithéâtre où les cafouillages se sont multipliés depuis 10 ans. Au bureau du maire, on chuchote que ce ne serait qu'une question de semaines avant une annonce. Mais les Gatinois - et les Olympiques de Gatineau - s'attendent à du concret avant l'été pour que démarre la construction à l'automne. Il y a des limites à étirer l'élastique du vieil aréna Guertin. 

Bon pédagogue, habile et convaincant, Maxime Pedneaud-Jobin a été plus transparent que jamais sur les tours que le promoteur Gilles Desjardins désire ériger en face du Musée canadien de l'histoire. Son objection tient au fait que les générations passées n'ont pas eu grand respect pour le patrimoine bâti de Hull. Des tours de 35 et 55 étages, à son avis, seraient une balafre ineffaçable sur le quartier du Musée. Le dialogue qu'il entretient personnellement avec M. Desjardins est une bonne nouvelle, même si les deux hommes ne s'entendront pas sur le fond. Le promoteur a un as dans sa manche: le facteur temps. Il considère tout sur un horizon à long terme et M. Pedneaud-Jobin, lui, fera face au verdict de l'électorat à tous les quatre ans, et pas plus loin que dans 18 mois. 

Le maire sortant doit présenter un bilan plus concret que ce qu'il a entre les mains aujourd'hui. Il le sait. Les élus doivent constamment faire leurs preuves. Ses réformes administratives au service d'urbanisme, une nouvelle direction générale, les électeurs n'en sauront que faire lorsqu'ils se présenteront devant l'urne à l'automne 2017. Un vote qui pourrait se métamorphoser en référendum sur le projet des tours Brigil.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer