Un gros pas

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Le projet IllumiNATION LeBreton

Courtoisie

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ÉDITORIAL / Les Sénateurs ont fait un pas de plus vers leur retour au centre-ville d'Ottawa. Un gros pas. Et un encore plus gros pas pour assurer leur avenir financier.

En déménageant sur les plaines LeBreton, l'équipe de la Ligue nationale de hockey devrait voir ses revenus croître. Il y aura plus d'événements dans cet amphithéâtre au coeur de la ville - et à un jet de pierre de Gatineau - qu'il n'y en a au Centre Canadian Tire, au bout d'une autoroute toujours congestionnée les soirs de fête. 

D'un point de vue urbain et citoyen, peu importe le projet que retenait la Commission de la capitale nationale jeudi, il faut se réjouir. Parce que la densification urbaine s'avère un outil primordial pour des villes moins polluantes au lendemain du sommet de Paris sur les changements climatiques. Avec le temps, il était devenu totalement intolérable que 20 000 spectateurs fassent 50 km pour aller se divertir alors que 53 acres de terrains à deux pas du centre-ville d'Ottawa demeuraient en friche pendant 50 ans sans que le fédéral ne décide d'en faire quelque chose. 

À l'époque de la renaissance des Sénateurs, en 1992, il était encore logique pour les équipes de sport de s'installer en banlieue. Le propriétaire de l'époque, Bruce Firestone, l'a fait pour donner de la valeur marchande à quelque 600 acres de terres agricoles délaissées qu'il avait achetées pour une bouchée de pain. Peu après, la tendance s'est inversée et les villes nord-américaines ont redécouvert les vertus de la densification. La relance des plaines LeBreton, bien tardivement, s'inscrit dans cette perspective.

Bien sûr, il se trouvera des voix discordantes pour critiquer le fait que des terres publiques seront cédées au secteur privé pour construire encore d'autres magasins impersonnels et 4400 condos de plus. Il s'en bâtit déjà tout près au projet Zibi, et Brigil en envisage lui aussi, juste de l'autre côté de la rivière des Outaouais.  

Pour se donner bonne conscience, ils seront compensés par des logements abordables, mais ce n'est pas ce qui transparaît à première vue. Outre des condos et une patinoire, les plaines LeBreton ressembleront un jour un peu au parc Lansdowne: des magasins et des restaurants autour de places publiques savamment aménagées sur des terres qui auraient pu être des espaces verts. Cela est discutable, mais vaut mieux que des terres contaminées qui servent de dépotoir à neige...

Au moins, il n'est pas question que des fonds publics y soient engagés - comme Québec l'a fait avec son Centre Vidéotron. Tout sera financé par le secteur privé et il faut bien qu'il y trouve son profit avec ses condos et magasins.

Cela vaudra aussi pour Eugene Melnyk, dont les finances ne sont plus aussi saines que lorsqu'il a acquis les Sénateurs en 2003. Il a tout mis sur la table pour convaincre la CCN de la beauté de son plan de revitalisation concocté avec Trinity Developments. En bout de ligne, la CCN lui aura fait confiance parce qu'il détient la franchise.

Choisir ses adversaires, le conglomérat Devcore Canderel, auquel étaient associés la famille Desmarais et Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, aurait plongé les Sénateurs dans un climat d'incertitude qui n'aurait servi personne.

Tout ça n'est pas pour demain, il reste plusieurs autres pas réglementaires à franchir, et au mieux, l'inauguration de la nouvelle patinoire aura lieu en 2021. Au mieux, a-t-on dit.

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