À quoi sert le RÉMI?

Quand Marc Carrière profite de cette tribune pour... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Quand Marc Carrière profite de cette tribune pour attaquer maladroitement le mode d'élections des maires au Québec, il discrédite le RÉMI.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL/ Lorsque Sylvie Goneau a fondé le Regroupement des élus municipaux indépendants (RÉMI) avec quelques sympathisants de Sherbrooke et Gatineau, elle a entamé une bataille difficile mais juste contre une apparente inégalité du financement des partis politiques au Québec.

Mais quand son collègue Marc Carrière profite de cette tribune pour attaquer maladroitement le mode d'élections des maires au Québec, il discrédite le RÉMI. Quand des élus de Gatineau en profitent pour lancer des flèches contre le parti Action Gatineau, c'est tout le RÉMI qui en prend pour son coup. Cela fait surgir une question fondamentale: à quoi sert le RÉMI, au juste? À mener son combat contre le désavantage des indépendants dans le financement politique, ou à décocher des petites flèches partisanes contre le maire Maxime Pedneaud-Jobin et ses collègues d'Action Gatineau?

Cette «Coalition des six» devrait se rencontrer et ajuster ses flûtes. Ils devraient se rappeler qu'ils sont sous les feux de la rampe comme jamais auparavant. Que tous leurs votes seront observés à la loupe, toutes leurs sorties publiques vérifiées à l'aune de la résistance qu'ils exercent contre Action Gatineau. 

Six conseillers s'entendent sur la base revendicatrice du RÉMI. Six conseillers s'entendent pour lutter contre le maire Pedneaud-Jobin et Action Gatineau. Si ces six conseillers commencent à toujours voter du même bord, ça commence à ressembler pas mal à un parti politique. Quel suprême paradoxe! 

Car c'est bien de cela qu'il s'agit: le RÉMI porte en lui les germes d'un parti politique gatinois qui est en train d'accumuler des munitions pour sa bataille de 2017 contre Action Gatineau. 

Cela ne se passera pas, bien évidemment. 

Il y a parmi les six sympathisants du RÉMI à Gatineau des voix qui chérissent beaucoup trop leur indépendance pour franchir ce pas. Et ils ont tout à fait le droit d'agir ainsi. Mais ils devraient faire attention à leurs votes au cours des prochains mois. S'ils s'objectent à l'idée même des partis politiques - jusqu'à prétendre qu'ils «trafiquent la démocratie»! -, ils devraient s'arranger pour voter différemment. Souvent.

Les partis politiques, puisqu'il semble qu'il faille le répéter, ne sont pas contraires à nos pratiques de la démocratie, même si la «ligne de parti» force des compromis parfois difficiles. Au fédéral comme dans toutes les provinces, le pouvoir s'obtient et s'exerce par des partis politiques. Bien des municipalités en ont, mais pas toutes. Montréal et Québec en ont depuis des décennies. Elles ne sont pas plus, ni moins démocratiques qu'Ottawa, où il n'y en a pas. C'est jusque que la démocratie, et c'est l'une des qualités de notre société, permet plusieurs modèles différents de gouvernance. Aux citoyens de chaque communauté de s'organiser comme ils l'entendent, avec les outils qu'ils désirent.

Mais dans chaque communauté, ces outils doivent être équitables. C'est pourquoi la commission Charbonneau a tant résonné chez les Québécois: certains percevaient que le Parti libéral se servait du «financement sectoriel» pour déséquilibrer les chances en sa faveur. C'est pourquoi la réforme du financement politique souhaitée par Kathleen Wynne, en Ontario, soulève des passions. Idem quand Jean Chrétien, puis Stephen Harper, ont revu les règles du financement des partis.

Le RÉMI a entrepris une noble bataille. Des élus indépendants de tout le Québec auraient dû s'y associer, pas qu'à Sherbrooke et Gatineau. Qu'est-ce qui s'y passe?

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