Sur le sexisme

Dans sa lettre ouverte, la députée Michelle Rempel... (Adrian Wyld, PC)

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Dans sa lettre ouverte, la députée Michelle Rempel parle de la façon dont elle a subi des insultes sexistes et du harcèlement en ligne depuis qu'elle a mis les pieds au Parlement, en 2011.

Adrian Wyld, PC

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ÉDITORIAL/ Dans un plaidoyer touchant cette semaine, la députée Michelle Rempel a rappelé que le sexisme est encore bien vivant au Parlement. Si c'est encore le cas chez les parlementaires qui, à certains égards, incarnent l'élite de la société, nous ne pouvons que frissonner à l'idée de ce que ce doit être pour les femmes au quotidien, dans la rue, au travail, dans la vie.

Pour la moitié du monde qui n'est pas de sexe féminin, il est difficile d'apprécier combien le sexisme peut être un poids. Car il survient partout, dans les échanges les plus anodins, et l'effet répétitif n'est pas sans évoquer le supplice de la goutte.

C'est justement ce dont témoigne Mme Rempel dans une opinion publiée dans le National Post.

Âgée de 36 ans, cette députée qui incarne le renouveau du Parti conservateur, se refuse de prodiguer des conseils sur comment les femmes doivent lutter contre ces gestes, paroles, attitudes. Parce que chaque femme est différente et suit sa propre route dans la vie.

L'élue de Calgary à la Chambre des communes se sait choyée: dans une relation stable avec «un partenaire qui n'est pas intimidé par mon succès», blanche, non immigrante, de taille normale, jamais abusée, financièrement autonome, etc. 

Son plaidoyer anti-sexisme arrive à point nommé. Au gouvernement fédéral, le premier ministre Justin Trudeau tente d'imprimer une nouvelle direction et son argument, pendant la campagne électoral était simplement «parce que nous sommes en 2015».

Six mois plus tard, le chiffre a changé mais pas l'intention qui doit aller au-delà de la parité ministérielle, quoique ce soit déjà un beau départ lourd de sens et de symbolique. M. Trudeau l'a lui-même démontré en expulsant rapidement les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews du caucus libéral lorsque des allégations de sexisme ont surgi en 2014.

À une autre époque ou ailleurs, leur chef les aurait défendus bec et ongles, sous le motif de la présomption d'innocence. Dans leur cas, justement, on aura remarqué que n'a pas tenu cet artifice juridique qui permet de pelleter les accusations vers un avenir indéfini.

Mme Rempel croit que le sexisme n'est pas son problème à elle, mais celui des gens qui ont ces réflexes sexistes. En fait, elle tourne la table et renvoie le problème dans la cour des sexistes, pas des victimes.

La situation des femmes dans notre société a évolué de façon marquée au fil des décennies. Au-delà du droit de vote, le décès récent de Claire Kirkland Casgrain a rappelé que cette première élue à l'Assemblée nationale a été bien seule pendant des années.

Le mouvement féministe qui a éclos au moment où elle a accédé au cabinet a fait faire des pas de géant aux femmes.

La mondialisation nous rappelle que ce n'est pas partout pareil et même dans notre société occidentale, les attitudes sexistes demeurent tristement et profondément ancrées. À preuve le commentaire qualifié de «mononcle» du député Guy Ouellet lors d'un comité parlementaire à Québec, accueillant «une perspective féminine» sur une question budgétaire.

Mme Rempel renchérit: ces propos sont partout. S'il fallait encore que l'on laisse du temps au temps, que l'on se conforte à l'idée que la génération montante, ou la prochaine, sera inoculée contre ce virus, la perspective d'avenir serait plus... rose. On peut toujours rêver!

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