Deux manques de jugement

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Le Séminaire du Sacré-Coeur, à Grenville-sur-la-Rouge

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ÉDITORIAL / Il s'est dit plusieurs choses sur les problèmes au Séminaire du Sacré-Coeur, mais deux phrases au coeur du débat ont témoigné d'un manque de jugement de chaque côté de l'argument.

D'une part, Alexandre Iracà devrait comprendre, après quatre ans à l'Assemblée nationale, qu'il n'est pas un député à temps partiel. Personnalité publique depuis son élection en 2012, il n'est pas député entre 9h et 17h, du lundi au vendredi. Tout geste qu'il pose ne peut se désincarner entre ses rôles de citoyen, de père, de conjoint, de contribuable et de député. Signer une pétition réclamant la démission de la directrice générale du Séminaire n'engage pas son gouvernement, mais engage certainement le député! Ne pas comprendre cela révèle un manque de jugement chez le député de Papineau.

La directrice générale du Séminaire, Carole Crevier, a tout comme M. Iracà manqué de jugement dans ce triste épisode, mais deux fois plutôt qu'une. Passons sous silence la référence aux «ados poqués», trop générale pour qu'on lui en tienne rigueur.

Mais ventiler sur Facebook sur son «pool de profs constipés» s'avère une maladresse plus éprouvante. Les médias sociaux sont un espace public, doit-on rappeler, et le corps professoral du Séminaire lui rendra la tâche bien difficile. Plus grave encore sont ces références au fils du député Iracà; Mme Crevier a publiquement confié une information qui devait demeurer confidentielle. Ce sera au conseil d'administration du Séminaire d'évaluer si la directrice générale est encore en mesure de diriger cette institution. Sans réclamer sa démission, disons que Carole Crevier s'est de beaucoup compliqué la vie en fin de semaine.

L'inaction

ÉDITORIAL / Il s'est dit... (Martin Roy, Archives LeDroit) - image 3.0

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Martin Roy, Archives LeDroit

Révélateur parfois, ces statistiques en apparence anodines!

Lundi, notre journaliste Justine Mercier mettait en lumière la pratique courante pour les femmes de l'Outaouais d'accoucher en Ontario. Depuis plusieurs années, plus de 1000 mamans de l'Outaouais ont leurs bébés en Ontario. Pis, le phénomène s'amplifie! La proportion, qui se situait à 25%, a atteint 33% en 2014-2015; ce sont des données obtenus directement du Centre intégré de santé de services sociaux de l'Outaouais (CISSO).

Plus que bien d'autres, ces statistiques révèlent le désintéressement de Québec face à l'Outaouais. Désintéressement qui a mené à un désinvestissement parce qu'au-delà d'un statut particulier, les gens de l'Outaouais, contrairement aux Québécois de la Côte-Nord, de la Beauce ou de l'Estrie, avaient toujours l'option Ontario en poche.

Les accouchements sont prévisibles, à l'opposé de bien des procédures médicales. Pour un gestionnaire, voilà une variable contrôlable. Mais après la création de l'hôpital de Gatineau, l'État québécois aura mis plus de 30 ans avant d'investir dans une réelle Maison des naissances qui permettra rapidement de ramener le taux d'accouchements en Ontario autour de 25%. 

De quoi faire mentir le Commissaire à la santé et au bien-être qui, dans son rapport d'octobre 2015, soulignait les problèmes du système de santé en Outaouais.

Oh, c'est vrai... le bureau du Commissaire à la santé et au bien-être n'existe plus, aboli par le ministre Gaétan Barrette! Ce dernier ne peut cependant faire disparaître aussi facilement l'Outaouais de son radar.

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