L'imbroglio des élections scolaires

ÉDITORIAL / Le gouvernement Couillard ne veut plus éliminer... (Pascal Ratthé, Archives Le Soleil)

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Pascal Ratthé, Archives Le Soleil

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ÉDITORIAL / Le gouvernement Couillard ne veut plus éliminer les élections scolaires. Cette idée empruntée de la Coalition avenir Québec (CAQ) a été remisée, peut-être pour de bon. Ce qui n'élimine pas le problème de l'anémique représentativité démocratique du palier scolaire, handicapée par une participation citoyenne en-deçà de 10%.

Cela fait des années que des intervenants de tous les échelons du monde de l'éducation se demandent quoi faire avec ces élections boudées par la population.

La CAQ militait pour leur abolition pure et simple, officiellement pour économiser des sous: éliminer les salaires des commissaires scolaires, alléger la structure de gestion et accélérer la prise de décision et sa mise en oeuvre, et évidemment, économiser sur le coût de l'élection comme tel. 

La CAQ ne se souciait peu ou pas que cette décision rognait sur les droits constitutionnels de la minorité anglophone au Québec. Le Parti libéral, lui, aurait dû s'en préoccuper. Elle le fait maintenant, mais bien tardivement. Tristement, bien des médias se sont concentrés sur l'anachronisme d'un ministre de l'Éducation, transfuge de la CAQ, qui défend aujourd'hui ce qu'il attaquait il n'y a pas si longtemps. 

Il y a pourtant un large débat d'idées sous-jacent aux élections scolaires.

La situation frontalière du quotidien LeDroit permet d'apprécier les avantages et les désavantages de chacun des systèmes et de leur représentativité démocratique. Et l'argument de la défense des droits des minorités, centrale à la création du journal. 

En Ontario, une fois aboli le Règlement XVII, la lutte pour les droits à l'éducation s'est entre autres concentrée à acquérir les droits de gestion des écoles. Une fois que les Franco-Ontariens ont acquis le droit d'avoir des écoles dans leur langue maternelle, jusqu'à la fin du secondaire comme la majorité anglophone, il n'était pas question de laisser aux autres l'autorité sur ces écoles, leurs orientations et leurs ressources.

A donc suivi une longue bataille pour la gestion scolaire, résolue en 1998.

LeDroit partage donc avec compassion les préoccupations des Anglo-Québécois qui tiennent à leurs commissions scolaires. Elles ont leur importance, même au-delà de la question constitutionnelle. Les abolir redistribue leurs pouvoirs à la province et aux écoles; preuve reste à faire que ce serait une amélioration sur la situation actuelle.

La question des élections demeure. Comment lutter contre l'apathie citoyenne?

Plusieurs Québécois suggèrent de tenir le vote scolaire en même temps que les élections municipales, ce qu'ils appellent la simultanéité. En Ontario, cette conjugaison des votes garantit une participation populaire plus importante... mais pas de beaucoup. Et cela ne signifie pas que les électeurs font des choix plus éclairés de leurs représentants scolaires. Même que les enjeux éducatifs sont pas mal dissimulés derrière ceux de gouvernance municipale. 

Il ne faut pas croire pourtant que les citoyens ne sont pas concernés par les décisions du niveau scolaire. À Gatineau, la perspective de construire une école dans un parc a défrayé les manchettes. À Ottawa, des centaines de parents se sont déplacés pour sauver les programmes d'immersion en français. Ce qui manque, ce sont des enjeux donc, et des candidats qui nourriront le débat à coup d'arguments clairs.

Voilà ce qui fait encore défaut aux élections scolaires, simultanées ou non.

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