Une CCN plus à l'écoute

Les maires de Gatineau et Ottawa, Maxime Pedneaud-Jobin... (Martin Roy, LeDroit)

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Les maires de Gatineau et Ottawa, Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson, ont signé la déclaration officielle en compagnie de Mark Kristmanson, premier dirigeant de la CCN, Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, et Russel Andrew Mills, président du c.a. de la CCN.

Martin Roy, LeDroit

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ÉDITORIAL / Les maires d'Ottawa et de Gatineau siègent maintenant à la table de la Commission de la capitale nationale. Voilà une bonne décision que le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau pouvait rapidement mettre de l'avant, et à coût nul.

La CCN vient de traverser 10 années de régime conservateur pendant lesquelles le pouvoir s'exerçait constamment autour du Bureau du premier ministre. Un peu d'ouverture et un petit coup de pouce à la démocratie fédérale-municipale fait du bien.

Cela fait des années que des tensions existent entre la CCN et les deux principales villes de la région de la capitale. La présence des maires Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin ne les éliminera pas complètement, mais les réduira, faut-il espérer, dans l'espoir d'une meilleure collaboration régionale.

Périodiquement, des conflits surgissent entre la CCN et l'une ou l'autre des deux villes. Chaque fois, un constat revenait à l'avant-scène: la CCN n'est pas à l'écoute des populations locales.

Il faut tout de même reconnaître que le mandat de la CCN n'est pas de concrétiser les espoirs des gens qui habitent la région de la capitale. 

Rappelons donc le texte officiel: «La société d'État est responsable de concevoir des plans d'aménagement, de conservation et d'embellissement de la région de la capitale du Canada et de concourir à leur réalisation.»

Parallèlement, depuis sa création en 1959, la CCN est chargée de la planification des terrains fédéraux, de la gestion des biens comme le parc de la Gatineau, la Ceinture de verdure, des ponts, sentiers et promenades, ainsi que «des sites patrimoniaux».

L'embellissement de la capitale: des mots cruciaux, lourds de sens. Gérer aussi, il va sans dire. Car embellir et gérer dicte qu'il faut parfois changer certaines pratiques, déranger les habitudes... comme l'ont subi non sans protester les usagers de la rue Gamelin, à Gatineau, lorsque la CCN a opté de la fermer définitivement en 2013. Cette décision avait généreusement nourri l'impression que la CCN ne comprenait pas vraiment les impacts de ses décisions sur les citoyens, ou à tout le moins, ne s'en souciait pas assez. 

En réservant un siège au conseil des commissaires de la CCN au maire de Gatineau, les contribuables croient - un avis que LeDroit partage - que la CCN ne pourrait faire de telles erreurs. Les premiers magistrats seront là, aux aguets, toujours prêts à expliquer aux commissaires de la CCN qui n'habitent pas Ottawa ou Gatineau que telle décision porte atteinte aux habitants des environs, un souci qui ne semblait pas avoir prise à leurs yeux de visiteurs.

Mais cette écoute supplémentaire que devrait avoir la CCN aux préoccupations des commettants de la capitale ne garantit pas que tout ira bien. 

Par ailleurs, on sent que les maires ont hâte d'avoir droit de vote à la table, pas juste droit de parole. Cela ne semble pas essentiel à la lumière de ce que nous savons aujourd'hui. 

Il leur suffira d'être là pour que les contribuables d'Ottawa et de Gatineau soient entendus. La CCN s'est beaucoup ouverte et démocratisée depuis une douzaine d'années. Les votes intéressés des maires pourraient bien ne pas cadrer toujours dans l'intérêt «supra-régional» que défend la CCN.

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