Retour à gauche pour le NPD

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Les délégués présents au Congrès du NPD ont montré dimanche la porte au chef Thomas Mulcair.

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ÉDITORIAL / Quand Thomas Mulcair a pris la tête du Nouveau Parti démocratique, il y a quatre ans, en mars 2012, il a imprimé au parti un net virage vers le centre. Ce serait la seule voie vers le succès électoral, croyait-il. Ce changement de cap est venu le hanter et les membres du NPD lui ont viré le dos d'une manière abrupte, inélégante.

Il n'a obtenu l'appui que de 48 % des inscrits à ce congrès post-électoral, une performance anémique devant les attentes bien plus élevées que tous, incluant lui-même, s'étaient fixées. Ce score indique également combien le NPD est divisé.

La politique est parfois ingrate et M. Mulcair, malgré d'inévitables erreurs de parcours, ne méritait pas cela. LeDroit, entre autres, l'a appuyé. Mais la page s'est tournée et lui, comme le parti, trouvera bien une nouvelle voie pour les années qui viendront.

Bon prince, M. Mulcair a offert de demeurer en poste jusqu'à ce que le NPD lui désigne un successeur, et les membres se sont donné deux ans pour le faire. On aura compris qu'il n'y a aucune hâte à le faire parce que la prochaine élection fédérale ne sera pas avant l'automne 2019. La stratégie se défend du point de vue du parti. Mais pour le leader déchu, l'attente sera intenable. Il faut s'attendre à ce qu'il identifie une porte de sortie honorable avant la fin de l'année. 

En guise de comparaison, rappelons que le Parti conservateur s'est aussi donné 18 mois pour se choisir un nouveau boss, tout en confiant l'intérim à Rona Ambrose. Le NPD devrait aussi se trouver une personne indépendante pour diriger le parti en attendant. D'autant plus qu'au plan des idées, le NPD n'est plus celui que Thomas Mulcair défendait.

La réaction des membres du NPD n'a d'égale que la déception qu'ils ont ressentie le soir du 19 octobre 2015. M. Mulcair leur a fait miroiter une victoire possible, et ils y ont cru. Même au prix de sacrifier une partie de leurs principes. Ils n'ont pas réagi quand on a défendu le déficit zéro. La défaite alors qu'ils sentaient leur parti si proche du pouvoir a été amère. On en a voulu au chef pour son ton parfois acerbe, pour sa faiblesse dans les débats, pour son incapacité à émerger du débat sur le niqab, etc.

Maintenant que la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, leur demandait en plus d'avaliser le projet de pipeline pour transporter son pétrole, c'en était trop. 

L'aile gauche du NPD, celle qui a pondu son manifeste « Bond vers l'avant » (le Leap Manifesto), a voulu reprendre le contrôle sur les orientations traditionnelles d'un NPD défendant les droits des travailleurs, pacifiste, environnementaliste, d'un NPD juste et équitable pour tous. Au diable le chef, c'est à gauche toute, comme avant. Peu importe si ces principes les éloignent du centre où votent la majorité des Canadiens, l'important est d'être fidèle, pas d'être vendu à l'idée du pouvoir. Tant pis si on ne l'exercera jamais, ou que par la bande, par la balance du pouvoir.

C'est Justin Trudeau qui l'a facile. Son programme audacieux, risqué même, n'aura personne pour le remettre en question. Un an de répit du côté des conservateurs, deux du côté du NPD. Pourtant, notre démocratie a bien besoin de cet équilibre des voix au Parlement.

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