Financement des partis: où aller?

Au fédéral, la nouvelle ministre de la Justice,... (Fred Chartrand, Archives PC)

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Au fédéral, la nouvelle ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, fait l'objet de questionnements pour une soirée-bénéfice à 500$ le couvert... organisé dans les bureaux de Toronto d'une prestigieuse firme d'avocats.

Fred Chartrand, Archives PC

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ÉDITORIAL / En Ontario, la première ministre Kathleen Wynne entend réformer le financement électoral. Au Québec, Sam Hamad a quitté le cabinet pendant que le commissaire à l'éthique étudie son rôle dans l'aide à l'entreprise Premier Tech, assorti de généreux versements à sa caisse électorale. Au fédéral, la nouvelle ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, fait l'objet de questionnements pour une soirée-bénéfice à 500$ le couvert... organisé dans les bureaux de Toronto d'une prestigieuse firme d'avocats.

Dans ces trois gouvernements, des discussions simultanément abordent le même thème de l'argent, du pouvoir et de l'influence du premier sur le second.

Cette étonnante confluence d'inquiétudes pourrait être classée sous l'antenne du hasard. Que c'est par accident que tout cela survient au même moment. 

Ce serait tomber dans un panneau trop évident.

Cette relation entre argent et pouvoir paraît universelle et de toutes les époques. 

Au Québec, le financement populaire a été l'une des premières initiatives du gouvernement du Parti québécois en 1976. Mais cela n'a que bien temporairement calmé la grogne et 40 années plus tard, tous les grands partis sont pointés du doigt quant à leurs pratiques pour solliciter des fonds. L'Ontario cherche une nouvelle voie sous Mme Wynne et elle ne peut s'inspirer de l'exemple des provinces canadiennes, car tous les modèles y coexistent assez paisiblement. 

Au fédéral, diverses réformes depuis 12 ans ont profondément modifié le financement électoral.

L'un des héritages laissés par le premier ministre Jean Chrétien a été celui d'une formule de financement populaire basée sur le nombre de votes récoltés à l'élection précédente (environ 2$ par vote versé directement au parti). Les conservateurs de Stephen Harper l'ont eu dans leur mire dès leur élection en 2006 et ont réussi à l'éliminer progressivement lors de leur dernier mandat. Leur argument était que les contribuables ne devaient pas être forcés, indirectement, à appuyer par une part de leurs impôts un parti politique dont il ne partage pas les principes.

À Ottawa, on se questionne aujourd'hui s'il est sage que la ministre de la Justice doit participer à une collecte de fonds auprès de gens et de sociétés avec lesquels son département transige. La question pourrait s'appliquer à peu près à tous les ministères. La ministre du Revenu devrait-elle accepter des dons de dirigeants de firmes d'experts-comptables? Celui du Développement économique a-t-il une longueur d'avance sur tous ses collègues, compte tenu de sa proximité avec le milieu des affaires? Etc. Les sources de conflit d'intérêts sont infinies.

Aux États-Unis et dans quelques provinces du Canada, le système ne prévoit pas de plafond ni d'interdiction. Quiconque désire appuyer un politicien peut le faire à la hauteur qu'il désire. 

LeDroit est d'avis que cela ne peut que renforcer le sentiment des électeurs à l'effet que la politique est otage des puissants. Les gens sont déjà très méfiants, la participation électorale a chuté à des niveaux inquiétants.  

Avec ou sans plafond de contribution, avec ou sans l'argent du secteur privé et des syndicats, des scandales de financement seront inévitables. Cependant, l'attrait des voies occultes perd de son attrait. Pour faciliter cela, les Canadiens doivent accepter de financer tous les partis, peut-être autour d'une formule bonifiée d'un paiement par vote. Une chose est sûre: le dialogue sur ce sujet doit se poursuivre.

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