Le mythe de la congestion routière

Hors de situations bien précises, la congestion routière... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Hors de situations bien précises, la congestion routière dans la région d'Ottawa n'a rien à voir avec ce qui est vécu ailleurs.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Au fond, David Chernushenko veut bien plus qu'une étude sur les causes de la congestion routière à Ottawa. Son jupon d'ancien dirigeant du Parti vert dépasse de beaucoup. Son intention est claire: il veut tout faire pour décourager les automobilistes au centre-ville et il est prêt à considérer toutes les options, même les plus drastiques comme des péages, pour atteindre son objectif.

Ces dernières semaines, le conseiller du quartier Capitale a tenté un grand coup devant le comité des transports. Sous le prétexte d'étudier la congestion routière, ce militant pour l'environnement voulait mettre des mots dans la bouche des auteurs du futur rapport. Il désirait que le rapport aille beaucoup plus loin que la simple étude mais explore des mesures qui décourageraient le flot de véhicules au centre-ville.

Par bonheur, des voix prudentes et sages l'ont rappelé à la raison.

D'abord, il faut nuancer ses propos sur la circulation routière dans la capitale. Parler constamment de congestion équivaut à brandir un épouvantail, à métamorphoser un irritant en un mythe auquel les pouvoirs publics doivent s'attaquer avec force. La réalité, c'est que la congestion routière n'existe pas vraiment à Ottawa, ni à Gatineau d'ailleurs. 

Nous constatons plutôt des bouchons réguliers et prévisibles à certains endroits et à certaines heures de la journée. Les soucis des automobilistes concernent des tronçons de l'autoroute Queensway: l'échangeur 17/417 aux heures de pointe et sa partie ouest, surtout lors d'événements au Centre Canadian Tire. Il y a aussi les approches du pont des Draveurs, à Gatineau, incluant le pont Cartier-Macdonald, toujours aux heures de grande affluence. 

Hors de ces situations bien précises, la congestion routière dans la région de la capitale n'a rien à voir avec ce qui est vécu à Montréal et à Toronto, Athènes, Paris, Londres ou Rome. 

Il n'est nullement besoin d'avoir recours aux incitatifs majeurs de Londres et Athènes, par exemple, qui interdisent la circulation à certains véhicules certaines journées.

Mais M. Chernushenko souhaite aller là justement parce que ces mesures draconiennes et onéreuses ont réussi à modifier les comportements de la population. Peu lui importe que l'on mette la charrue devant les boeufs. Pour les apôtres du message vert, les gaz à effet de serre sont le grand ennemi de la civilisation et tout doit être mis en oeuvre pour lutter contre ce fléau. Peu importe les conséquences. 

Si les verts ont grosso modo raison sur la menace environnementale, ils doivent mettre leur empressement au vestiaire. Et écouter un conseiller comme Bob Monette, conseiller du quartier Orléans. Il croit qu'il faut voir l'impact que le train léger aura sur les transports dans la capitale avant d'explorer des scénarios alarmistes. 

LeDroit partage cette position. Nous sommes d'avis que le train léger changera les habitudes des Ottaviens. Nous n'avons pas encore pu apprécier les bénéfices de sa première phase, encore moins confirmé la seconde. En réorientant des autobus dans des voies collectrices pour le train léger, voilà ce qui réduira les GES de la capitale. Et les usagers le feront avec le sourire plutôt qu'en maugréant.

Cette stratégie nous semble plus porteuse de changements durables et efficaces que la proposition alarmiste de David Chernushenko.

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