Mulcair doit rester

Après le décès tragique de Jack Layton, Thomas... (André Pichette, Archives La Presse)

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Après le décès tragique de Jack Layton, Thomas Mulcair lui a succédé à la tête du NPD. C'était un cadeau empoisonné, tant la cote d'appréciation du «bon Jack» était élevée.

André Pichette, Archives La Presse

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ÉDITORIAL / L'avenir de Thomas Mulcair se joue cette fin de semaine alors que le Nouveau Parti démocratique tiendra son congrès postélectoral à Edmonton. Comme chef, son leadership sera remis en question. Plusieurs croient - espèrent, même - que le NPD se dotera d'un nouveau leader. Ce serait pourtant dommage.

Certes, son bilan lui impose un mea culpa, mais il mérite de demeurer en poste. Le NPD ne doit pas tomber dans le panneau de mettre son chef à la porte juste parce qu'il a perdu une élection. 

Son prédécesseur Jack Layton a eu quatre occasions de mener son parti dans une élection fédérale, en 2004, 2006, 2008 et 2011. Hormis cette dernière, les pourcentages de votes au NPD ont cru modestement dans une fourchette entre 15,7 et 18,1%. Le nombre de sièges a doublé, de 18 à 37.

Évidemment, la performance remarquable du NPD en 2011 vient tout bouleverser le portrait... et les attentes. Le pourcentage d'appuis a fait un bond considérable à 30,6% et le nombre de sièges a presque triplé à 103. M. Layton en mérite tout le crédit et le Québec, tout particulièrement, lui a livré une soixantaine des circonscriptions sur un plateau d'argent. Des dizaines de candidats inconnus ont raflé des sièges sur la seule image rassurante du «bon Jack» Layton pendant que le Bloc québécois était lessivé. 

Une calamité est venue perturber le cours de l'histoire et M. Layton est décédé peu après l'élection. Thomas Mulcair, son principal lieutenant et chef des troupes au Québec, lui a succédé. C'était un cadeau empoisonné tellement la cote d'appréciation de Jack Layton était élevée. Quiconque poursuivrait son oeuvre serait mesuré à l'aune d'un homme devenu un symbole de respect, de droiture et d'une gauche à dimension humaine. 

À la Chambre des communes, Tom Mulcair s'est révélé un parlementaire hors normes, ce qui a aussi contribué à relever les attentes à son endroit.

Entre 2011 et 2015, le NPD ne s'est plus satisfait d'être une alternative rassurante pour les Canadiens qui ne voulaient pas voter ou pour les conservateurs ou pour les libéraux, un parti qui serait un digne dépositaire de la balance du pouvoir. Le NPD a commencé à se voir comme un parti qui pouvait légitimement aspirer au pouvoir. En réalité, le NPD se faisait des accroire. 

La déception du résultat électoral du 19 octobre va à la mesure des attentes. Normal. Mais cela ne doit pas fausser le regard des Canadiens et tout particulièrement, des membres du Nouveau Parti démocratique à l'endroit de M. Mulcair. Forcément différent de son prédécesseur, il fait toujours partie de l'élite de la politique canadienne et il est beaucoup trop tôt pour lui montrer la porte. Et ce n'est pas comme si des successeurs de calibre se bousculaient au portillon. 

M. Mulcair a fait glisser le NPD vers le centre croyant que ses chances y seraient meilleures. C'était un fin calcul... bousillé par une renaissance du Parti libéral du Canada sous un Justin Trudeau qui a cristallisé le vote anti-conservateur. La vague Trudeau a emporté M. Mulcair sur les rives politiques.

Mais qui sait ce que 2019 augure? Si l'économie ne redémarre pas et si le déficit s'alourdit, Thomas Mulcair pourrait s'avérer l'homme d'expérience pour diriger le pays plutôt que le futur chef du Parti conservateur. Entre temps, il mérite de s'illustrer encore comme peu d'autres aux Communes.

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