Le jugement de Sam Hamad

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Les informations dévoilées par Enquête portent ombrage au gouvernement de Philippe Couillard; Sam Hamad aurait aussitôt dû lui offrir de se retirer de ses fonctions.

Ivanoh Demers, Archives La Presse

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ÉDITORIAL / Cela fait cinq jours que Sam Hamad ne cesse de faire parler de lui pour les mauvaises raisons. Philippe Couillard, qui a suffisamment de problèmes depuis janvier, n'avait pas besoin que des doutes s'ajoutent sur les agissements de son président du Conseil du Trésor, lui qui joue un rôle crucial dans la gestion des finances de l'État.

Le premier ministre du Québec est allé au-delà du devoir en restant muet sur M. Hamad. Son silence équivalait à une sorte de défense de M. Hamad. 

Plus encore, à la lueur des informations ébruitées par l'émission Enquête de Radio-Canada, ce silence remet en question aussi le sens politique de M. Couillard lui-même. Il avait été un ministre de la Santé hors du commun entre 2003 et 2008, maniant avec brio ce ministère difficile et imprévisible où les attentes étaient énormes. Cette performance a pavé la voie à son retour en politique en 2013. Mais dans le fauteuil de premier ministre, M. Couillard a de la difficulté à affirmer tout son talent. 

Il a dû se dépêtrer avec une commission Charbonneau héritée de Jean Charest, ainsi que des accusations portées par l'Unité permanente anticollusion contre Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté. 

Il n'avait pas besoin des embûches supplémentaires dressées sur son chemin notamment par M. Hamad.

Ce dernier a agi avec témérité dans ses relations avec M. Côté dans le dossier d'une subvention de 19,7 millions $ de Québec à l'entreprise Premier Tech, de Rivière-du-Loup, en 2012. 

La défense de M. Hamad à l'effet qu'il ne faisait que son travail de ministre du Développement économique ne tient pas la route. Dans cette affaire, M. Hamad a côtoyé avec désinvolture avec M. Côté. Il a été expulsé du Parti libéral du Canada en 2005 pour son rôle dans le scandale des commandites et M. Hamad aurait dû s'en tenir loin.

Son patron de l'époque, Jean Charest, aurait d'ailleurs dû aviser tous les membres de son caucus de se méfier de Marc-Yvan Côté. L'ex-premier ministre doit lui aussi porter une partie du blâme qui échoit aujourd'hui sur les épaules de Sam Hamad.

En tout cas, M. Hamad passe maintenant pour un politicien mal avisé, avec un sens des priorités erroné, et il ne peut en vouloir aux Québécois pour ses erreurs de jugement. En politique, la simple apparence de conflit d'intérêts suffit pour soulever des soupçons. 

Les informations dévoilées par Enquête portent ombrage au gouvernement de Philippe Couillard; Sam Hamad aurait aussitôt dû lui offrir de se retirer de ses fonctions, une offre qui aurait dû être acceptée sur le champ. En lieu et place, en tentant de noyer le poisson, l'un et l'autre ont manqué de jugement. 

Non seulement ça, mais M. Hamad en remet. Au lieu redevenir simple député le temps que lumière soit faite sur tout cela, le lieutenant libéral dans la région de Québec conserve tous ses droits et privilèges... et part même «se reposer» en Floride, éprouvé par la pression de toute l'affaire. On le serait à moins.

Qu'il quitte le Québec quelques jours, au forçail, n'est pas grave. Il ne se cache pas, il n'est pas loin de son téléphone. Mais l'image paraît mal quand l'opinion publique est hypersensible face à M. Hamad, tout particulièrement, et face au gouvernement Couillard en général.

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