Un budget qui passe deuxième

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ÉDITORIAL/ Le budget présenté à Québec, jeudi, comportait peu de nouvelles, réjouissantes ou non. Presqu'un budget de routine, quoi. Pas étonnant que l'arrestation de l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, et de six autres personnages politiques, soit passée au premier rang de l'intérêt des Québécois.

Cette prise de l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption, est énorme. De mémoire récente, jamais une personnalité politique aura fait l'objet de tant d'accusations aussi sérieuses concernant son rôle d'élu.

Il reste évidemment à voir si les preuves obtenues par l'UPAC passeront le test des tribunaux mais une chose est sûre, le budget sans étincelles du ministre Carlos Leitao a pâli devant les déboires de Mme Normandeau et compagnie.

Ce budget 2016-2017 survient à 18 mois environ des prochaines élections québécoises. Le climat économique difficile l'a rendu trop timide pour faire oublier l'austérité que les libéraux ont instaurée dès leur retour au pouvoir en 2014. Et il arrive trop tôt pour que le gouvernement de Philippe Couillard ressorte le vieux truc des cadeaux électoraux pour préparer la prochaine élection. Ce ne sera que pour l'an prochain. Entre temps, il fallait bien en déposer un et cela a donné un budget mi-figue, mi-raisin.

Certes, un effort de redressement des finances publiques était nécessaire en 2014. Le ministre Leitao a relevé le défi comme son gouvernement l'avait promis et il peut se vanter d'avoir déposé un second budget équilibré, chose qui ne s'était pas vue depuis les années de Lucien Bouchard. Il peut dire merci à la péréquation du fédéral, au faible dollar qui aide les exportations vers des États-Unis en pleine reprise économique, et aux taux d'intérêts qui baissent les obligations de l'État québécois.

M. Leitao n'est pas porté sur les largesses. La hausse de 3% des dépenses en éducation, aussi spectaculaire qu'elle puisse paraître, ne permet nul rattrapage. Nous ne parlons ici que d'un juste retour à un rythme normal de croissance pour ce service public qui doit préparer la prochaine génération à jouer son rôle en société. Cela permet tout simplement de redonner aux élèves québécois une certaine qualité d'éducation, sans plus.

Personne ne célébrera dans les rues, et certainement pas à Gatineau où l'Université du Québec en Outaouais continue de souffrir de sous-financement et de l'incapacité d'offrir à la population locale les programmes dont elle devrait normalement profiter. Mais ce n'est pas grave, doit-on se dire à Québec, parce que le réseau post-secondaire de l'Ontario peut agir comme soupape de sûreté... même s'il coûte bien plus cher et répond à des normes autres. Pas grave non plus car l'Outaouais continuera probablement de voter libéral aux prochaines élections, leur fidélité étant sans limite.

Pour les quatre coins de l'Outaouais, Québec n'a prévu, comme ailleurs, que du saupoudrage qui sera, faute de mieux, bien apprécié: accès Internet en région, un peu d'argent pour le tourisme et pour la Route verte, des sous pour les chemins en forêt, etc.

Camouflé en partie par l'UPAC, ce budget Leitao souffre aussi d'avoir été présenté cinq jours avant celui que doit déposer le nouveau gouvernement canadien de Justin Trudeau, mardi prochain. Il aurait été plus avisé d'attendre le contenu du budget fédéral qui doit miser sur d'importantes mesures de stimulation économique, et d'y réagir par la suite.

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