Le nouveau PC

Patrick Brown... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Patrick Brown

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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ÉDITORIAL/ Patrick Brown en a surpris beaucoup en remportant la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario l'an dernier. La palme semblait promise à Christine Elliott mais l'ardeur du négligé lui a pavé la voie à la victoire.

Comme bien d'autres courses électorales, ce succès n'est que le début d'une bien plus cruciale et longue bataille, celle de la relance du PC en Ontario. 

Depuis que la «Révolution du bon sens» de Mike Harris a été remisée dans le placard de l'histoire, les conservateurs ont perdu quatre élections consécutives. Une chacune sous Ernie Eves et John Tory, et deux avec Tim Hudak.

De toute évidence, le parti se cherche. Combien à droite doit-il aller? Ou vers le centre? Les Ontariens ont-ils la nostalgie de l'époque de Mike Harris? L'ère de Stephen Harper, rejetée au fédéral en octobre dernier, porte-t-elle en elle une leçon sur la droite au pays, et plus spécifiquement en Ontario? Quelles idées maîtresses pourraient séduire la population qui, à un moment donné, se lassera des politiques libérales? Bref, faut-il changer la direction du PC et si ou, dans quelle direction?  

Plusieurs qualifient Patrick Brown de caméléon, de politicien dont les molles convictions s'adaptent à son public et à son époque. Il y a du vrai là-dedans.

Le nouveau chef du PC a voté pour retirer le mariage gai aux couples du même sexe, a appuyé un projet de loi privé au fédéral pour reconnaître les droits du foetus, laissant croire qu'il pourrait rouvrir le débat sur l'avortement. Parallèlement, il n'a rien contre les syndicats que M. Harris honnissait, se dit pro-environnement et s'est même dit favorable à la taxe sur le carbone (et souhaite que les revenus soient reversés aux contribuables sous la forme de baisses d'impôts).

Devant cette difficulté à lui coller une étiquette, Patrick Brown se définit lui comme un «conservateur pragmatique». Adversaire de la «partisanerie aveugle», ouvert à toutes les idées, qu'elles viennent des néo-démocrates ou des libéraux. 

«Si elles améliorent le sort des Ontariens, je vais les appuyer. Sinon, je les critiquerai férocement», a-t-il déjà lancé.

Pas le genre d'idéologue auquel les Canadiens ont dû s'habituer depuis 20 ans dans bien des rangs conservateurs. 

L'objectif est clair: après quatre défaites, il ne suffit donc pas de prêcher aux conservateurs convertis. Il faut aller plus loin. Dans sa campagne à la direction, il a travaillé d'arrache-pied pour recruter des milliers de nouveaux membres dans le nord de l'Ontario, ainsi qu'au sein de communautés culturelles, notamment vietnamienne, philippine et indienne. 

Le Parti progressiste-conservateur a attiré 1700 délégués à son congrès annuel à Ottawa, le week-end dernier. Un signe de vigueur. Outre quelques idées déjà exprimées, le parti et son chef se cherchent un programme plus étoffé. Les Franco-ontariens, autrefois fidèles au PC de Bill Davis, ne pensent pas de façon aussi homogène que l'on pourrait croire. Leur virage au rouge remonte à une trentaine d'années, du temps de David Peterson. Et le nord demeure très sensible au message du NPD.

Au fédéral, des forteresses rouges sont déjà passées chez les conservateurs; pourquoi pas en politique ontarienne? S'il veut faire sa marque, Patrick Brown ferait bien de tendre la main aux francophones et développer un programme où ils se sentent écoutés, respectés et partie prenante.

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