Fraude fiscale

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EDITORIAL / Personne ne paie d'impôts de gaieté de coeur. Les plus sages se raisonnent en se disant que nos impôts sont un outil indispensable de l'édifice gouvernemental que les sociétés démocratiques se sont volontairement donné. Cela contribue à garantir l'ensemble de nos services publics, et à maintenir l'échafaudage de nos institutions et de nos citoyens responsables et imputables.

C'est pourquoi la réaction de la population s'avère si forte lorsqu'un soupçon émerge à l'effet que certains profiteraient d'échappatoires pour éviter l'un de nos devoirs non écrits de citoyens, celui de payer ses impôts. À plus forte raison quand il s'agit de 26 personnes qui auraient, selon des documents de cour obtenus par le réseau anglais de Radio-Canada, permis d'éluder l'impôt sur quelque 130 millions $ au cours de la dernière décennie. Le crime, car c'en est un, a été perpétré avec la collaboration de la firme KPMG. Le subterfuge utilisait un paradis fiscal, l'obscure île de Man, coincée entre l'Irlande et l'Angleterre.

Cela fait des années que plusieurs pays pestent contre l'évasion fiscale. Sans succès. La question devrait-elle être portée aux Nations Unies? La question se heurterait sûrement au principe de l'autonomie des peuples mais le débat vaut la peine d'être considéré.

Au Canada, l'affaire ne doit pas rester lettre morte. Ottawa doit déclencher une enquête interne pour savoir comment une telle manoeuvre immorale a pu se dérouler à l'Agence du revenu du Canada. Pour le moment, les contribuables nagent dans le vide alors que s'ils étaient fautifs et sans les ressources de grands bureaux comme KPMG, l'ARC les aurait à ses trousses.

Et puis, le fédéral ne peut laisser une telle magouille sans conséquence. Le gouvernement doit dégager les ressources nécessaires pour utiliser l'effet dissuasif qui découragera d'autres fraudes fiscales, et poursuivre les KPMG de ce monde qui les encourage. Surtout les importantes: elles sont plus complexes mais la récompense, plus que symbolique, est essentielle pour que l'ensemble des Canadiens souscrive à la nécessité de payer leurs impôts.

Le président honoraire

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La Presse Canadienne

Présider la Chambre des communes était un des grands objectifs de carrière de Mauril Bélanger. La maladie de Lou Gehrig aura tué dans l'oeuf cette idée alors qu'elle était là, tout près, à portée de la main. 

Le député d'Ottawa-Vanier a affiché plusieurs des qualités associées à ce poste prestigieux de la vie parlementaire canadienne. Fier porte-couleurs du Parti libéral, il se tenait loin des querelles partisanes qui sont si souvent décriées depuis quelques années.

Cette élégance et son respect face à ses collègues du Parlement, même s'il ne partageait pas les idées politiques, s'avèrent justement certaines des qualités qui auraient fait de Mauril Bélanger un excellent président de la Chambre.

C'est aussi pourquoi les députés de tous les partis ont adopté à l'unanimité l'idée de lui confier cette responsabilité, au moins pour une journée, à titre honoraire. Une première dans l'histoire parlementaire canadienne. 

Même ralenti par la maladie, Mauril Bélanger aura trouvé une manière de marquer son temps.

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