Embellie en vue

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le... (Sean Kilpatrick, Archives La Presse Canadienne)

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Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le président américain, Barack Obama, se sont rencontrés après l'élection du premier lors d'un sommet au Philippines. Les deux hommes se rencontreront à nouveau cette semaine, à Washington.

Sean Kilpatrick, Archives La Presse Canadienne

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ÉDITORIAL / La visite du premier ministre Justin Trudeau à Washington fournit au Canada une occasion de remettre à niveau les relations canado-américaines particulièrement abîmées depuis le 11 septembre 2001.

Maintenir une juste place dans nos échanges avec notre pays voisin est éminemment difficile quand il s'agit de la première économie mondiale. Ce que les États-Unis désirent, ils l'obtiennent souvent, simplement par l'influence que leurs dollars peuvent exercer. Nos relations bilatérales ont longtemps été difficiles mais cordiales. S'ils ne voyaient pas tout d'un même oeil, Brian Mulroney et Ronald Reagan dans les années 1980, ainsi que Jean Chrétien et Bill Clinton, dans la décennie qui a suivi, ont réussi à maintenir un ton et une approche de bonne entente.

Le braquage du gouvernement américain sous George W. Bush après l'attaque terroriste du 11 septembre l'a fait dérailler. Quand M. Chrétien a, avec justesse, résisté à se joindre aux forces d'intervention américaines en Irak, les États-Unis l'ont mal pris. Dans le monde binaire de M. Bush fils, où tout était perçu en noir et blanc, en «vous êtes avec nous ou contre nous», le Canada tombait du mauvais côté de la clôture.

Les liens ne se sont pas améliorés quand Barack Obama est arrivé en 2008, trouvant Stephen Harper dans le fauteuil de premier ministre. On aurait pu croire que M. Harper, résolument à droite sur plusieurs questions sociales, s'entendrait bien avec les Américains. Mais le président Obama ne partageait pas les vues du chef du Parti conservateur. Au lieu de s'entendre comme larrons en foire, les thèmes de désaccord ont été nombreux. Sur le pipeline Keystone XL, M. Obama a repoussé sa décision jusqu'à l'inéluctable, frustrant l'industrie des sables bitumineux d'un nouveau débouché sur les marchés internationaux. Sur Israël, M. Harper a dépassé les États-Unis dans ses appuis inébranlables au gouvernement de Benjamin Netanyahou. Sur l'environnement, M. Harper est devenu l'un des plus mauvais joueurs sur la scène mondiale, une réputation qu'il a volée à la Chine et aux États-Unis.

Aujourd'hui, Justin Trudeau mène le Canada dans une nouvelle direction. Une orientation plus au diapason des positions américaines sous le président Obama. Les deux sont faits pour s'entendre. Cela fait presque 20 ans que les deux chefs d'État n'ont pas participé à un dîner officiel ensemble, depuis MM. Chrétien et Clinton. L'histoire cordiale entre nos deux pays reprend. Mais pour combien de temps?

Barack Obama est un président en fin d'exercice. En novembre 2016, les Américains éliront un nouveau président. Les relations pourraient bifurquer une fois de plus, l'avenir le dira. Mais ne nous avançons pas trop loin.

Entre temps, il reste encore du temps pour corriger le tir sur quelques questions. Ce ne sont pas toutes les initiatives qui doivent passer par un vote au Congrès où le résultat est bien incertain. Plusieurs décisions, comme les politiques aux frontières, relèvent de l'administration plutôt que d'un cadre juridique. Idem pour les négociations sur la prolongation de l'entente de 2006 sur le bois d'oeuvre, les mesures contre la pollution et les gaz à effet de serre, ou les réserves évidentes des États-Unis sur le Partenariat transpacifique. 

Une embellie pointe à l'horizon de nos deux pays. Il y a une occasion à saisir, même si les relations Obama-Trudeau pourraient ne durer officiellement que quelques mois. Il faut courir la chance.

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