Dévoué et franc

Le conseiller Maxime Tremblay... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Le conseiller Maxime Tremblay

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Chaque élection provoque son lot de départs, volontaires avant le scrutin, involontaire le jour même. Dans les mois qui précèdent le verdict de la population, des élus annoncent leurs intentions futures. Cela permet à de futurs candidats de mesurer leurs appuis, de bâtir des équipes de campagne, de préparer le financement électoral.

En annonçant son intention de se retirer de la vie politique 20 mois avant l'élection municipal de l'automne 2017, Maxime Tremblay est le premier à ouvrir son jeu. Homme dévoué depuis sa victoire électorale en 2009 dans le district du Plateau qu'avait délaissé Alain Pilon, il faut saluer sa franchise à admettre que le coeur n'y était plus tout à fait. Deux mandats, c'est une limite que bien des administrations se fixent afin d'assurer un sain renouvellement des idées et de la classe politique. Mais il n'existe pas de telles limites en politique québécoise et on a vu des gens s'accrocher à leurs fonctions électives pendant des décennies. Cela apporte expérience et mémoire politique, quand les élus demeurent pour les bonnes raisons.

Les Gatinois en avaient reçu un indice lorsque M. Tremblay s'est lancé dans la course à l'investiture du Parti libéral pour la circonscription de Hull-Aylmer, à l'automne 2014. C'était une année à peine après sa réélection au conseil municipal mais la perspective d'un saut en politique fédérale était trop tentante. Le comté de Hull-Aylmer avait été libéral pendant 97 ans, passant au Nouveau Parti démocratique avec Nycole Turmel en 2011. En bout de course, M. Tremblay (et l'ex-maire Yves Ducharme) a perdu aux mains de Greg Fergus, qui a reconquis Hull-Aylmer pour les libéraux menés par Justin Trudeau.

Cet espoir exprimé envers l'arène fédérale illustrait d'une certaine manière l'ennui de Maxime Tremblay à traiter des inévitables enjeux de proximité auxquels sont confrontés les élus municipaux. Ils ne sont pas moins cruciaux pour la population, ni moins nobles. Mais l'incapacité notoire de la Ville de Gatineau à régler les questions de déneigement et de nids-de-poule alors que le fardeau fiscal ne s'allège jamais a de quoi irriter les contribuables. Et leur verdict exprimé dans l'isoloir fait qu'ils ont toujours raison. Devant cette fatigue, Maxime Tremblay a fait la chose honorable à faire.

Il n'est pas au bout de ses peines cependant. Dans l'année et demi qui vient, il voudra voir du progrès dans le dossier de l'aréna Robert-Guertin, entre autres, dans lequel il a apporté un point de vue important au comité exécutif de la Ville de Gatineau. Ses contributions sur le fardeau fiscal, tout particulièrement sur le déficit structurel de Gatineau, étaient bienvenues, et le sont toujours car le problème n'est pas réglé. On se souviendra aussi de son travail sur la Commission de révision des dépenses qui a permis de dégager des économies récurrentes de près de 15 à 20 millions $.

Même s'il partageait un prénom avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin, les deux hommes avaient peu d'autres choses en commun. Ils ne voyaient pas la chose municipale du même oeil. Le maire avait eu la sagesse de le garder à ses côtés, comme il l'a fait entre autres avec Gilles Carpentier. Leur présence, et celle d'autres comme Denis Tassé, fait en sorte que nous ne partageons pas le verdict de Maxime Tremblay à l'effet que la partisanerie ait empoisonné la politique municipale gatinoise.

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