Spécial, l'Outaouais?

Gaétan Barrette était de passage en Outaouais lundi.... (Etienne Ranger, archives LeDroit)

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Gaétan Barrette était de passage en Outaouais lundi.

Etienne Ranger, archives LeDroit

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ÉDITORIAL/ Cela fait longtemps que des gens répètent que le Parti libéral du Québec tient l'Outaouais pour acquis. Leur opinion aura été un peu plus confirmée, cette semaine, lors de la visite du ministre de la Santé et des Services sociaux.

Le Dr Gaétan Barrette a manifesté une certaine condescendance en défendant le bilan de son gouvernement dans le dossier très spécifique des tests Pap utilisés pour le dépistage du cancer du col de l'utérus. 

D'ordinaire très bien informé sur tous les enjeux de son ministère, le ministre Barrette s'est vite imposé comme l'un des piliers de son gouvernement, et a vite démontré un talent hors du commun pour les communications. Il ne pratique pas la langue de bois, maîtrise ses dossiers et ne se cache pas derrière des portes closes. 

Mais sur ce dossier précis des tests Pap, il a parlé à travers son chapeau... et n'a pas apprécié le traitement dont il a fait l'objet dans nos pages. Il est habitué à contrôler son environnement, et a vite concentré les leviers du pouvoir du réseau de la santé autour de lui; il s'est montré insensible aux critiques du milieu médical qui ont protesté contre son coup de force à l'endroit des défuntes Agences de santé et des quotas de pratique des médecins. 

Le ministre reconnaît qu'il ne possédait pas l'information précise quant aux délais d'attente. Nous comprenons qu'il a présumé que les temps d'attente en Outaouais équivalaient à ceux du reste du Québec. Quelques vérifications par notre collègue Justine Mercier ont suffi pour découvrir qu'au chapitre des délais pour obtenir les résultats de tests Pap, l'Outaouais traînait à la queue. Les Québécoises des régions consultées attendent quelques jours ou quelques semaines pour avoir l'esprit tranquille quant au cancer du col de l'utérus. Les femmes de l'Outaouais attendent... plus de cinq mois. Pour celles qui pourraient recevoir l'épouvantable nouvelle d'un test positif subsistera toujours le soupçon qu'un résultat obtenu plus tôt aurait pu accélérer le traitement.

Une autre tache noire sur le réseau de santé en Outaouais. Comme s'il n'y en avait pas déjà suffisamment.

Cela a suffi pour noyer l'excellente nouvelle de l'inauguration de la nouvelle Maison de naissance de l'Outaouais, lundi. 

Hier, le ministre Barrette a réagi à la question des tests Pap en lançant un «Vous êtes pas mal spéciaux en Outaouais», une référence voilée à des journalistes «qui ne compre[naient] pas» la réponse.

Spécial, l'Outaouais? En effet, oui! Bien patients devant un réseau de la santé qui, depuis 15 ans au moins, sans doute davantage, n'arrive pas à répondre à la demande d'une population qui a trop souvent entendu l'argument qu'elle devait attendre encore et encore pour des services que les Québécois d'à peu près toutes les autres régions tiennent pour acquis. 

Spécial, l'Outaouais? En effet, oui, parce que sa situation frontalière draine certains professionnels vers l'Ontario, mais surtout, invite à des comparaisons où l'Outaouais ne sort jamais gagnant. Hormis l'énorme atout de services en français, il n'y a aucun domaine de la santé où les Québécois de l'Outaouais peuvent se dire qu'ils l'ont mieux qu'à Ottawa. 

Spécial, l'Outaouais? En effet, oui. Le ministre Gaétan Barrette n'a qu'à en parler avec son patron et prédécesseur à la Santé, Philippe Couillard, pour comprendre le «statut particulier» de l'Outaouais. Si l'expression signifie encore quelque chose...

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