Optimiste ministre

Madeleine Meilleur ne fait évidemment pas la même... (Michelle Siu, Archives PC)

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Madeleine Meilleur ne fait évidemment pas la même lecture du budget que le RÉFO, un mouvement dont l'impatience trahit la jeunesse de ses membres.

Michelle Siu, Archives PC

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ÉDITORIAL / La ministre Madeleine Meilleur est plus optimiste que jamais quant à la faisabilité d'une université de langue française dans la région de Toronto.

Pourtant, bien des Franco-Ontariens ont été déçus de ne pas retrouver de sommes prévues pour ce projet dans le budget du gouvernement de Kathleen Wynne, déposé jeudi.

Nous partageons cette inquiétude. 

La première ministre a prononcé des excuses touchantes, lundi, mais purement symboliques à ce moment-ci. L'impatience de certains est tout à fait justifiée et compréhensible. Si le Règlement XVII date d'un plus d'un siècle, chaque mois qui passe amène une preuve de plus que le français est d'une langue bien peu officielle en Ontario. Certes, la communauté franco-ontarienne doit tourner la page sur plusieurs de ses accrocs somme toute mineurs - la rancoeur est mauvaise conseillère -, mais il ne faut pas être naïf non plus.

Et puis, cette revendication pour une «Université franco-ontarienne» n'existe pas simplement en elle-même, mais bien parce que cet outil collectif d'éducation servira à l'essor de la communauté franco-ontarienne. Et à terme, bâtie autour de citoyens mieux formés que jamais, ils joueront un rôle économique accru, comme jamais auparavant. Ils seront autant d'atouts pour toute la société, la franco-ontarienne et de façon plus globale, les sociétés ontarienne et canadienne toutes entières.

L'exemple en ce sens vient de l'histoire récente. Quand l'Ontario a doté les Franco-Ontariens d'un réseau d'écoles secondaires gratuites, puis de collèges, toute la province en a profité. Évidemment, Mme Meilleur endosse le plan financier de son gouvernement. Au-delà du simple fait qu'elle soit membre du cabinet de Mme Wynne... Ministre de la Justice et responsable des Affaires francophones, elle ne fait évidemment pas la même lecture du budget que le Regroupement étudiant franco-ontarien, un mouvement dont l'impatience trahit la jeunesse de ses membres. 

«Il y a 3 milliards $ prévus pour des immobilisations en éducation, a-t-elle fait remarquer lors d'une rencontre éditoriale au quotidien LeDroit, vendredi. J'ai confiance que l'on trouvera ce dont l'université francophone a besoin là-dedans...»

À ses yeux, l'argent ne posera pas problème. Si le plan d'affaires est solide, il va sans dire.

Jamais ces assurances n'ont-elle été aussi claires, aussi positives.

Sur le futur budget de cette université, Mme Meilleur s'est objectée à une prévision de «10 à 20 millions $» pour les coûts de démarrage. Ce sera beaucoup plus mais elle ne s'est pas avancée plus loin. 

Elle partage par ailleurs la volonté d'une institution bien concrète, des murs dans lesquels il existerait une vie communautaire en français. Parce que l'expérience virtuelle du Collège des Grands Lacs n'a pas fonctionné, entre autres. Ce serait à Toronto parce que c'est là que la croissance démographique se constate. Elle a les yeux sur le Collège Glendon, affilié à l'Université York, comme plusieurs autres l'ont déjà exprimé. Reste juste à trouver des arguments pour convaincre York de céder Glendon et les terrains avoisinants.

Il y a encore beaucoup de travail à faire. Le gouvernement attend le rapport d'un comité d'experts qui devrait rassurer les libéraux de Mme Wynne. Aucune indication quant à son dépôt, ni aux étapes qui suivront.

Faut-il croire Madeleine Meilleur sur parole? On peut douter de certaines assurances de son gouvernement, mais pas de sa conviction quant à l'université franco-ontarienne, qu'elle défend sur plusieurs tribunes depuis plusieurs mois. Et puis, quelle est l'alternative?

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