En attendant l'équilibre...

Le budget 2016 de l'Ontario ne passera pas à... (Nathan Denette, PC)

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Le budget 2016 de l'Ontario ne passera pas à l'histoire, note notre éditorialiste.

Nathan Denette, PC

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ÉDITORIAL / C'est davantage en comparant les budgets de l'Ontario et du Québec que l'on peut apprécier combien celui de l'Ontario est étonnant.

Jeudi, le ministre des Finances Charles Sousa a déposé un budget prévoyant un déficit de 4,3 milliards $ en 2016-2017. Ce déficit n'arrête pas de maigrir... sans les cris et grincements de dents qui perturbent le climat social du Québec.

En 2009-2010, l'Ontario a enregistré un déficit de 19,3 milliards $. En huit ans, ce déficit aura été effacé. À chaque année, la réalité a dépassé les prévisions. Juste l'an dernier, alors que le ministre Sousa prévoyait un trou de 8,5 milliards $, il a annoncé jeudi que le vrai chiffre serait plutôt de 5,7 milliards $.

Ainsi donc, l'Ontario entend effacer 4,3 milliards $ de déficit au cours de la prochaine année... sans créer de commotion ni de manifestations dans les rues de Toronto, Ottawa ou Sudbury.

En guise de comparaison, rappelons les chiffres du Québec. Au cours des trois dernières années, les déficits se sont chiffrés à 1,6 milliard $ en 2012-2013, à 2,8 milliards $ en 2013-2014, et 2,3 milliards $ en 2014-2015. Pour rétablir l'équilibre financier de la Belle Province, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a procédé à tant de réductions budgétaires et de réformes administratives que le Québec est passé à deux doigts d'une crise sociale depuis deux ans. Les services aux citoyens ont écopé en santé et en éducation, malgré les promesses du gouvernement. 

En Ontario, le ministre des Finances a réduit le budget d'autant sans créer même l'ombre d'une manif bruyante.

Évidemment, l'Ontario et le Québec sont fort différents. Pour les gens qui habitent la région de la capitale nationale, ces changements ne sont pas toujours perceptibles. Les gens vont de l'une à l'autre, enjambant la rivière des Outaouais, sans réaliser que l'Ontario compte 5 millions d'habitants de plus que le Québec - 13,5 millions contre 8,2 millions -, et que son produit intérieur brut est presque deux fois celui du Québec - 695 milliards $ contre 362 milliards $. C'est sans parler de la force du moteur industriel de l'Ontario qui, même s'il n'est plus ce qu'il était, demeure beaucoup plus robuste et efficace que celui de sa province voisine à l'est.

Ainsi, des mesures de stimulation économique de taille similaire semblent avoir plus d'effet en Ontario qu'au Québec. Et permettent des rentrées fiscales plus importantes qui permettent de réduire le déficit plus rapidement, sans avoir recours à des mesures drastiques.

Évidemment, il faut reconnaître que l'Ontario ne témoigne pas de la même générosité que le Québec au plan des programmes sociaux, notamment le réseau de garderies abordables ou l'assurance-médicaments. 

Mais l'Ontario ne laisse pas pour autant le champ libre au privé et sait investir aux bons endroits, notamment en éducation. Le budget Sousa 2016 prévoit d'ailleurs l'élimination des frais d'études postsecondaires pour les enfants issus de familles gagnant moins de 50 000$. Une excellente manière d'échapper à la pauvreté multigénérationnelle. 

Rien à noter, au passage, pour une nouvelle université de langue française...

Pour le reste, le budget 2016 de l'Ontario ne passera pas à l'histoire. Il sera un jalon dans le rétablissement de l'équilibre des finances publiques qui s'opère depuis la crise financière de 2008. C'est l'an prochain, avec le déficit zéro, qu'il y aura raison de célébrer.

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