C'est long, créer une université

La petite manifestation de jeudi n'aura pas réellement... (Michelle Siu, PC)

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La petite manifestation de jeudi n'aura pas réellement contribué à faire avancer le dossier, estime notre éditorialiste.

Michelle Siu, PC

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ÉDITORIAL / La petite manifestation pour réclamer la création d'une université de langue française en Ontario n'aura pas réellement contribué à faire avancer le dossier.

Ce n'est pas quelques dizaines de participants - ni même 200, selon les organisateurs - qui feront hâter le pas au gouvernement de Kathleen Wynne.

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) aurait dû prévoir qu'une «journée d'action» en plein mois de février pourrait être perturbée par la météo. S'il a fait beau, jeudi, les derniers jours ont été passablement perturbés avec l'importante chute de neige de mardi qui venait raccourcir une semaine déjà raccourcie par le congé de la famille. Le RÉFO aurait eu de toute évidence besoin de plus de temps pour mobiliser ses troupes... avec le résultat d'une manif qui n'a assurément pas ému grand monde à Queen's Park.

On comprendra que le RÉFO et ses partenaires, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, sont impatients de voir ce dossier cheminer. Leur hâte est légitime et les gouvernements sont passés maîtres dans l'art de pelleter des dossiers complexes vers le néant. En ce sens, la manif aura au moins rappelé à tous les acteurs gouvernementaux, ainsi qu'aux partis d'opposition, que l'idée d'une université de langue française par et pour les francophones est toujours bien vivante.

Mais au risque de déplaire au mouvement étudiant, il faut reconnaître que l'on ne démarre pas une université sur les chapeaux de roue, ou juste parce qu'une poignée de militants pas trop mal organisés le demandent à grand renfort de campagnes dans les médias sociaux. En ce sens, le commissaire aux services en français, François Boileau, s'est avéré l'un de leurs principaux alliés. Son rapport démontrant les graves lacunes du système d'éducation postsecondaire dans le centre-sud-ouest de l'Ontario a fourni des arguments de taille aux militants pro-université franco.

Cela ne paraît sans doute pas au goût du RÉFO, mais il compte sur un autre allié en le gouvernement de Mme Wynne. La ministre des Affaires francophones Madeleine Meilleur appuie le projet. Et l'opposition aussi. Les astres sont bien alignés.

Mais s'il faut de l'argent pour lancer une université et que c'est encore moins facile avec un budget lourdement déficitaire, le plus important est de bien la démarrer. L'Ontario ne créera pas une nouvelle université de but en blanc, avec de nouveaux édifices et toute l'administration qui va avec. Ce serait rêver en couleur. Cela se fera à partir de partenariats avec des institutions existantes pour réduire les coûts de démarrage au maximum mais surtout, pour profiter de la synergie des partenaires.

Le discours de Mme Meilleur est volontairement vague. Non pas pour noyer le poisson, mais pour donner du temps et de l'espace à tous pour ériger cette nouvelle structure que sera cette «université franco-ontarienne». Cela fait quelques années que ça se discute, oui, cela fait un an que la pression augmente oui, mais plusieurs ne soupçonnent pas combien l'entreprise est complexe. Et il n'y a pas d'occasion de s'y prendre deux fois: il faut que ça fonctionne dès le début. C'est sans doute à cela que se réfère la ministre Meilleur en se référant à la triste expérience du Collège des Grands-lacs.

Le budget de l'Ontario, jeudi prochain, pourrait apporter des réponses. Et peut-être pas.

Le RÉFO et ses partenaires doivent demeurer déterminés... et mieux organiser leur prochaine manifestation.

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