Un peu d'espoir pour Bombardier

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ÉDITORIAL / D'un point de vue humain, l'élimination de 7000 emplois - dont 2000 au Québec - soulève la question cruciale: aurait-il été possible de les éviter, de faire autrement?

Mais voilà, Bombardier doit tenir compte de nombreux autres facteurs que l'humain car ce fleuron de l'industrie aéronautique est pris dans un marché compétitif mondial contre les autres géants que sont Airbus, Boeing et Embraer. Elle est une entreprise publique, aujourd'hui en partie détenue par le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a embrassé un projet ambitieux mais complexe et onéreux que celui de la conception et la fabrication d'un tout nouvel avion, la CSeries.

Depuis plusieurs mois, le projet piétine. Le carnet de commandes ne s'emplit pas. L'argent sort à pleines portes. Les autres divisions de Bombardier ne suffisent pas à engranger suffisamment de profits pour compenser les pertes reliées aux coûts de lancement des CSeries. Le gouvernement de Philippe Couillard y est allé d'une profession de foi envers l'entreprise dans le but de sauvegarder les milliers d'excellents emplois de l'entreprise. C'était hautement spéculatif comme investissement; Québec aurait-il pu insérer une clause de protection d'emplois conditionnelle à sa participation, comme l'a suggéré le député de Québec solidaire Amir Khadir? C'aurait sans doute été une promesse que l'avionneur aurait rompu de toute manière. Des centaines d'emplois éliminés mercredi, faut-il comprendre, étaient consacrés à des divisions moins porteuses d'avenir pour Bombardier, qui a dit du même coup qu'elle allait en créer d'autres dans l'assemblage des CSeries au Québec.

Cotée à la bourse, Bombardier a vu le prix de son action tomber sous la frontière psychologique de 1$ et la direction n'avait pas beaucoup le choix d'envoyer un message d'espoir aux actionnaires. Elle l'a fait avec un coup double, mercredi. Ses mesures d'économie annoncent que l'entreprise se soucie de ses coûts et vise à réduire ses pertes de 5 milliards $ en 2015. Du même coup, Bombardier était fière de confirmer la commande ferme de 45 avions de la CSeries par Air Canada, et une option d'achat pour 30 appareils supplémentaires. Cela provoquera un soupir de satisfaction chez les dirigeants, les actionnaires et les employés: enfin!

Bombardier a atteint une telle taille dans l'économie du Québec qu'elle est devenue un peu comme ces banques américaines menacées de faillites pendant la crise financière de 2008. «Too big to fail», disaient certains, ou trop grosses pour qu'on puisse les laisser s'effondrer. On ne parle pas ici des quincailliers Rona qui ont récemment fait l'objet d'une prise de contrôle par l'américaine Lowe's. Il y a chez Bombardier des brevets, des milliers d'emplois spécialisés et fort bien rémunérés. Son rôle crucial dans le développement de nouvelles technologies, dont certaines plus vertes, garantit à Bombardier qu'elle a encore de l'importance non seulement dans l'économie québécoise, mais canadienne aussi. C'est pourquoi le gouvernement de Justin Trudeau doit être en train d'imaginer comment il pourrait appuyer (encore) Bombardier, et une annonce pourrait bien survenir dans le prochain budget, prévu le mois prochain. 

Compte tenu du ménage qui est en train de s'effectuer chez Bombardier - ce qui inclura le contrôle absolu de la famille Beaudoin sur l'entreprise -, il est écrit dans le ciel que l'annonce de mercredi prépare la prochaine ronde d'aide fédérale.

Ce qui ramène un peu d'espoir chez Bombardier.

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