Le virage

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan; la ministre du... (Sean Kilpatrick, PC)

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Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan; la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau; le premier ministre Justin Trudeau; et le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion

Sean Kilpatrick, PC

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ÉDITORIAL / Le dévoilement de la nouvelle stratégie canadienne de lutte contre le groupe armé État islamique est bien davantage un exercice de politique intérieure qu'un virage important de l'intervention des pays de la coalition au Moyen-Orient.

La contribution du Canada sera modifiée en profondeur. Le premier ministre Justin Trudeau a plus en tête de respecter un engagement électoral pris face à la population canadienne.

La campagne de l'été et de l'automne dernier s'est jouée sur plusieurs tableaux et sur chacun, les libéraux de M. Trudeau voulaient se démarquer de la position de leurs adversaires conservateurs. Les campagnes de marketing approuvées par Stephen Harper martelaient que Trudeau fils était un fils-à-papa qui n'était pas prêt à diriger le Canada dans un contexte économique perturbé comme celui que nous traversons présentement.

Les Canadiens ont fait leur choix. M. Trudeau n'avait pas le choix de remplir ses principaux engagements électoraux, et celui sur l'intervention militaire canadienne figurait parmi les dossiers prioritaires.

Par ailleurs, on peut légitimement se demander ce qui a pu expliquer pourquoi il a pris tant de temps. Nous reconnaîtrons qu'il était primordial pour le Canada de bien consulter nos pays alliés avant de modifier les modalités de notre intervention en Irak et en Syrie. M. Trudeau d'ailleurs participé à quatre sommets internationaux peu après l'assermentation de son gouvernement, en novembre dernier. Que ce soit au G20, à celui sur le climat à Paris, sur la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC), à celui du Commonwealth, le premier ministre a pu y rencontrer plusieurs des chefs d'État qui sont nos alliés. Pourquoi a-t-il fallu attendre deux mois de plus? 

Sa position était pourtant claire, sans équivoque: le retrait des avions de chasse F-18 de la coalition, à la faveur d'une mission plus humanitaire. C'est ce qui a été dévoilé lundi, au grand dam des conservateurs qui, même si M. Harper est parti, ont repris son refrain sur la menace que constitue le groupe armé État islamique. La chef intérimaire Rona Ambrose l'a d'ailleurs décrit lundi comme «la plus grande menace qui pèse sur l'humanité» présentement.

Cette menace est réelle, quoique distante. Mais comme Paris l'a vécu en novembre, des sympathisants peuvent sévir partout autour du globe. 

Il demeure davantage que c'est une question de perspective lorsque vient de trouver la manière la plus efficace de lutter contre la menace d'État islamique. Les progrès de la coalition sont encore très approximatifs après un an de pilonnage au centre et au nord de l'Irak, et au nord de la Syrie. Ses avions de chasse ont participé à quelque 2100 attaques. Pourquoi poursuivre cette stratégie, ou son intensification même, si elle n'a donné que trop peu de résultats concrets et positifs? 

C'est à la lueur de tels conclusions, faut-il croire, que les libéraux y ont endossé une lutte différente, qui ressemble par ailleurs aux interventions de pays de la taille et de l'influence similaire au Canada, comme les Pays-bas, l'Australie, l'Espagne ou l'Italie. 

Les Canadiens ont appuyé les libéraux sans équivoque à l'élection du 19 octobre. Faisant écho aux critiques des conservateurs, des voix s'élèveront pour décrier le virage canadien au Moyen-Orient.

Même si c'est plus dans le but de tenir un engagement électoral que de trouver la meilleure manière de lutter contre État islamique, nous appuyons la nouvelle position canadienne.

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