D'autres coupures

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L'ampleur du rétrécissement financier imposé aux universités n'a pas été chiffrée. La précision sera inscrite dans le budget du ministre des Finances, qu'il devrait dévoiler le mois prochain.

Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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ÉDITORIAL / Le plan d'austérité du gouvernement Couillard, auquel il désire tourner la page pour la seconde moitié de son mandat, n'est cependant pas terminé.

Avec son profond remaniement ministériel, la semaine dernière, et l'entrée de nouveaux responsables en éducation, par exemple, Philippe Couillard envoyait le message que l'ère des coupures drastiques qui ont été imposées depuis son élection en 2014 était révolue. Ou presque.

Voilà que La Presse a appris que les universités du Québec verront leurs budgets encore réduits pour 2016-2017. Il s'agit d'une troisième compression d'affilée, après un effort de 200 millions $ en 2014-2015 et 72 millions $ en 2015-2016.

L'ampleur de cet autre rétrécissement financier n'a pas été chiffrée. La précision sera inscrite dans le budget du ministre des Finances, qu'il devrait dévoiler le mois prochain.

Seule consolation: les universités pourraient augmenter les frais d'études des quelque 20 000 étudiants étrangers de l'ordre de 25%. Cela représenterait entre 3000$ et 4000$, toujours selon La Presse.

Mais cette mesure ne s'applique pas aux Français, qui bénéficient d'une mesure d'exemption. Ils paient maintenant le même tarif que les étudiants du reste du Canada qui choisissent le Québec, soit environ 6550$.

Québec estimerait que les universités pourraient aller chercher quelque 30 millions de dollars au total.

Ce sera une mince consolation pour l'Université du Québec en Outaouais, et la plupart des universités en région qui ont un pouvoir d'attraction moindre auprès de la clientèle internationale. À ce chapitre, les universités McGill, Montréal et Laval ont une bonne longueur d'avance.

La session dernière, l'UQO ne comptait que 297 étudiants internationaux, incluant 107 Français. La plupart viennent de pays d'Afrique.

C'est donc dire que toute compression exigée de l'UQO reposerait sur le dos d'au plus 200 étudiants internationaux. Si on pouvait leur imposer 4000$ d'augmentation supplémentaire, cela représenterait des revenus supplémentaires de 800 000$ à l'UQO.

Le risque pour l'université outaouaise, c'est évidemment que l'effort de rationalisation des dépenses se chiffre à plus de 800 000$. Cela forcerait l'UQO à dénicher des économies ailleurs.

Dans le passé, LeDroit a endossé le principe de frais d'études qui pourraient varier d'une université à l'autre, comme elles varient déjà d'une faculté à l'autre. Il en coûte plus cher pour étudier en médecine et en droit qu'en arts visuels ou en sociologie. Ainsi, certaines qui s'estiment plus prestigieuses devraient pouvoir exiger davantage.

Cela se fait déjà au niveau des maîtrises en administration (MBA) pour cadres au Québec, où les coûts vont de 5000$ à 70 000$.

L'objectif n'est pas d'introduire un modèle de compétition entre universités. Mais les institutions qui le désirent et qui estiment la chose possible devraient avoir la liberté de hausser les frais dans toutes ou certaines de leurs facultés. Il existe au Québec plusieurs facultés d'exception, dont la renommée est basée sur la présence de quelques professeurs de grand calibre, de laboratoires à la fine pointe, d'un passé illustre ou par exemple, d'un caractère géographique qui favorise l'excellence dans un domaine.

Le but est de donner à ces facultés et ces universités les moyens de tabler sur ces outils comme pouvoir d'attraction des meilleurs étudiants.

Cette mesure devrait parallèlement s'accompagner d'une bonification du programme d'aide financière - la priorité doit aller à permettre aux étudiants les plus doués de fréquenter les meilleurs écoles, et non pas freiner le développement de nos cerveaux les plus brillants.

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