Les trois défis de la CCN

Le projet IllumiNATION LeBreton... (Courtoisie)

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Le projet IllumiNATION LeBreton

Courtoisie

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ÉDITORIAL / Le désert urbain que sont les plaines LeBreton depuis un demi-siècle est sur le point de changer.

Deux solides projets de développement reposent maintenant sur la table de la Commission de la capitale nationale, baptisés respectivement IllumiNATION et LeBreton Ré-Imaginé.

En 1962, le gouvernement de John Diefenbaker avait ordonné le démantèlement de ce quartier ouvrier et industriel dans le but d'y installer le ministère de la Défense nationale. Cela ne s'était pas concrétisé et les 5000 familles qui avaient été expropriées, et les entreprises pour lesquelles plusieurs travaillaient - héritage des scieries du 19e siècle - ont subi ce choc pour rien.

Rien d'autre ne s'est concrétisé, à part le Musée canadien de la guerre, dans les années 1990. La CCN a toutes les raisons d'être heureuse de la qualité des efforts de reconceptualisation des plaines LeBreton.

Jusqu'ici, les étapes de redéveloppement sont suivies à la lettre, et les plans des deux consortiums sont attrayants. Mais ce ne sont encore que des conceptions virtuelles mûries dans l'esprit d'architectes urbains. Il reste à passer plusieurs tests dont la CCN devra se porter garante: l'acceptabilité sociale, la viabilité financière et la viabilité environnementale.

Au 21e siècle, la population doit être d'accord sur les grandes lignes de développement de sa géographie; la consultation qui a attiré les foules, cette semaine, témoigne de cette importance. Elle est révolue l'époque où les villes se dessinaient à l'abri des regards. C'est la population, après tout, qui habitera ces lieux; ils doivent être hospitaliers sinon ils deviendront de désincarnés monuments de béton.

Les deux plans incluent deux grandes qualités. D'abord, une conception intégrée. En permettant l'installation du Musée canadien de la guerre, à l'époque, la CCN risquait de favoriser un développement à la pièce qui aurait souffert d'une carence de vision d'ensemble. Là, elle veut planifier les 55 acres d'un coup et cela augmente les chances que tout se réalise. Ensuite, la présence d'un axe central. Le réaménagement d'un aqueduc longtemps oublié selon un; un parc linéaire, «allée Canadensis», selon l'autre. Avec d'essentiels arrêts de transport en commun à chaque extrémité.

La CCN doit aussi s'assurer que les promoteurs puissent tirer leur épingle du jeu au plan financier.

Ce n'est pas ne lançant des projets de musée farfelus qu'on prouvera leur valeur. Un musée de l'auto? Des médias? De la bière? Soyons sérieux! Tout cela, ce n'est que de la poudre aux yeux. Bien plus essentiels seront les milliers de logements qui ramèneront des gens sur les plaines LeBreton, lui redonneront une partie de la vie d'antan, tout en procurant des revenus pour livrer les phases ultérieures de développement.

Si la future bibliothèque d'Ottawa avait tout à gagner à s'installer à proximité, une seule infrastructure était requise dans les plans: un nouvel amphithéâtre qui servira principalement aux Sénateurs d'Ottawa. Cela doit corriger l'erreur historique d'avoir construit le Palladium-Centre Corel-Place Banque Scotia-Place Canadian Tire à l'extrémité ouest de la capitale.

Laissons à la CCN la tâche de négocier avec les deux consortiums pour dénouer l'impasse de qui possédera la patinoire (et le club de hockey). La solution finale pourrait marier les meilleures idées des deux plans.

Enfin, la viabilité environnementale, dont on a peu parlé. Au 21e siècle, les promoteurs doivent incorporer un caractère vert aux édifices et aux espaces communs. La CCN devra s'en assurer, ce qui sera son troisième défi dans la renaissance des plaines LeBreton.

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