Le gouvernement Couillard II

Philippe Couillard croit que tout ira bien en... (Erick Labbé, Le Soleil)

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Philippe Couillard croit que tout ira bien en 2017-2018. Nous ne partageons pas son optimisme.

Erick Labbé, Le Soleil

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ÉDITORIAL / Les Québécois ne se doutaient certainement pas de l'ampleur des coupures et des réformes que le gouvernement Couillard a imposées aux services publics. Il y avait bien un engagement à équilibrer le budget dès 2015-2016, mais le coup de balai s'est avéré plus douloureux qu'anticipé.

Le premier ministre Philippe Couillard a dit plusieurs fois que cet effort de «rigueur» budgétaire serait de courte durée. Une fois retrouvé, l'équilibre dans les finances publiques redonnerait au Québec la marge de manoeuvre pour réinvestir dans les services publics.

Nous y sommes. Le remaniement du cabinet Couillard, annoncé jeudi, en sonne la charge.

La stratégie est simple, limpide, transparente: après la pluie, le beau temps. Après les coupures, les réinvestissements. Un nouveau message, de nouveaux messagers.

Martin Coiteux, par exemple, qui a incarné l'austérité pendant un an et demi, obtient un double mandat de ministre des Affaires municipales et ministre de la Sécurité publique. Un «super-ministère» en quelque sorte. Mais aussi difficiles seront ses nouvelles tâches, il aura maintenant une occasion d'améliorer son image dans l'opinion publique et chez ses commettants de la circonscription de Nelligan.

Pierre Moreau se voit offrir une occasion de prouver qu'il peut être un politicien efficace dans un autre ministère que celui des Affaires municipales. À l'Éducation, il trouvera chaussure à son pied. Le rythme des réformes a essoufflé les professionnels. Le ministre est responsable de toutes les gaffes dans les écoles, et elles s'empilent vite.

Le remaniement présente une occasion au gouvernement de tasser des ministres sous-performants, ou de mauvais communicateurs dans des portefeuilles moins délicats.

Si ce n'est pas le cas de Robert Poëti, qui aura été une victime collatérale de l'exercice de jeudi, les Québécois ne seront pas malheureux de moins voir François Blais et Francine Charbonneau, démis à l'Emploi et aux Aînés, respectivement.

(Il ne faut pas voir une démotion dans le fait que Stéphanie Vallée, ministre responsable de l'Outaouais, ait perdu la responsabilité de la Condition féminine. Ce ministère oblige de prendre parti sur certaines questions litigieuses, ce qui était en rupture avec sa tâche première, celle de ministre de la Justice. Pour le reste, aucun autre élu régional n'a obtenu de responsabilité ministérielle. Cela était attendu, mais témoigne d'un mélange de deux phénomènes: la faiblesse de la députation locale et le fait que l'Outaouais, tout rouge et tenu pour acquis par les pouvoirs à Québec, attendra longtemps avant de fournir deux ministres aux libéraux.)

Le gouvernement Couillard a encore deux années devant lui. Sa tâche dorénavant est de faire oublier Couillard I et de présenter Couillard II sous un nouveau jour, ouvert et à l'écoute des Québécois. Il cherche à faire une rupture avec le régime d'austérité qu'il estimait nécessaire pendant la première moitié de son mandat. Ce n'est pas pour rien que M. Couillard a lui-même utilisé l'image des «eaux plus tranquilles».

La population appréciera certainement la bouffée d'air frais. Mais oubliera-t-elle pour autant les temps durs et les bouleversements de 2014 et 2015? Lui auront-ils pardonné le rétrécissement des services en éducation et en santé, le désinvestissement dans les Centres de la petite enfance? Sans compter que plusieurs des coupures annoncées pendant Couillard I n'ont pas encore été totalement ressenties par les Québécois.

Philippe Couillard croit que tout ira bien en 2017-2018. Nous ne partageons pas son optimisme.

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