Mollesse entrepreneuriale

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a rappelé... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a rappelé que sa ville a pris un train de mesures correctives sous sa gouverne.

Martin Roy, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / Les années se suivent et les gens d'affaires sont toujours aussi mal servis par la Ville de Gatineau. Le plus récent palmarès de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, dévoilé cette semaine, place Gatineau au 98rang sur 100 au Québec. Lamentable! Doublement lamentable parce que rien ne change!

En octobre 2013, à la veille de l'élection de Maxime Pedneaud-Jobin à la mairie, Gatineau s'était classé 107e sur 121. Ottawa ne fait guère mieux avec une 84place.

Les doléances des membres de la FCEI se répètent: coûts reliés à l'administration (permis, règlements et autres) et facilité à obtenir des réponses rapides et exactes des autorités municipales.

La performance de Gatineau est particulièrement atroce. Lancer une entreprise en Outaouais s'avère un exercice périlleux sur les nerfs et la patience. C'est pour cette raison que la Ville de Gatineau avait lancé, en mai 2011, une gigantesque campagne promotionnelle pour mousser la fibre entrepreneuriale, baptisée «Gatineau, ville d'affaires». L'exercice, qui avait coûté 700 000 $, s'était pas mal soldé par un échec. Si le maire de l'époque, Marc Bureau, s'était vanté de la création de 1718 nouvelles entreprises sur son territoire, le vérificateur général de Gatineau, Alain Girard, avait vertement contesté ce bilan dans son rapport annuel de 2013. Il avait parlé de «carences importantes» dans la gestion de ce programme et l'impossibilité d'en vérifier les résultats concrets, faute de données fiables ayant pour conséquence d'en surévaluer les bénéfices.

Maxime Pedneaud-Jobin, qui lui a succédé, croyait avoir les solutions pour corriger cela. Dans son programme électoral, son parti Action Gatineau dénonçait la lourdeur administrative, les retards dans l'émission des permis et les coûts d'installation dans les parcs industriels. Il avait conclu qu'il fallait «un virage majeur pour simplifier le système».

Antoine Normand, l'ex-président de la Chambre de commerce de Gatineau croyait pour sa part que la lacune majeure était le manque de collaboration entre Développement économique Gatineau et les services municipaux «qui ne suivent pas».

Le maire Pedneaud-Jobin est passé à l'action. Depuis son élection, il dirige la ville et préside Développement économique Gatineau (fusionné avec le Centre local de développement).

Il doit reconnaître que les résultats tardent à se faire sentir.

Après le verdict assassin de la FCEI, Maxime Pedneaud-Jobin a rappelé que Gatineau avait pris un train de mesures correctives sous sa gouverne: processus accéléré d'émission des permis d'affaires et allégement de la réglementation, qui doivent mener éventuellement à un genre de «guichet unique», une expression passe-partout à la mode dans bien des gouvernements depuis au moins 20 ans.

Il est sûr que la forte dépendance de la région à l'industrie du bois et à l'administration fédérale a contribué à anéantir la fibre entrepreneuriale de la population locale. La faiblesse relative des institutions d'enseignement est bien documentée. Ceux qui ont des racines franco-ontariennes n'ont même pas eu leurs écoles secondaires gratuites avant les années 1960! Sans compter le dénigrement culturel dont ils ont fait l'objet.

Si cela explique bien des retards historiques, cela n'explique pas la difficulté des administrations politiques d'adopter une approche collaboratrice avec le secteur privé, vu comme un profiteur qui s'enrichira sur le dos des gens ordinaires. Quand cette perception cessera-t-elle?

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