L'électrochoc

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ÉDITORIAL / Si l'ex-députée Lise Bourgault a eu recours à une fermeture sauvage de la Maison Mélaric, reconnaissons qu'elle a au moins réussi à servir un électrochoc au gouvernement Couillard qui s'est vite retrouvé en mode panique, mardi.

Pas de la même manière que des dizaines de détenus et toxicomanes qui se sont effondrés en larmes devant les caméras de télévision, mais le résultat a été similaire.

D'un côté, des «poqués» de la vie qui essaient de reprendre un bout de leur vie en main, souvent sous ordre de la Cour.

De l'autre, un gouvernement à Québec qui impose des coupures dans tous les services publics et parapublics pour atteindre l'équilibre budgétaire dès cette année.

Le gouvernement Couillard ne pouvait prétendre qu'il ne savait pas ce qui pendait au bout de son nez. La plus récente réforme de l'aide sociale, c'est son idée. Amputer les prestations versées aux toxicomanes, c'est son idée.

Cela plaçait les centres de traitement en terrain miné. Ils l'ont dit haut et fort. Ils se sont dotés d'une voix unique, l'Association provinciale des organismes en dépendance (APOD), pour dire aux libéraux que la diminution de l'allocation de 75% aux prestataires - de 25$ à 6,60$ par jour - mettait plusieurs organismes d'accueil à risque.

Mélaric paraissait plus fragile que d'autres. Entre autres pour des problèmes de gestion que la maison aurait connus dans le passé. Il y avait peut-être une méfiance déjà installée dans l'esprit des fonctionnaires et des élus à Québec face à Mélaric, une ressource située à Saint-André d'Argenteuil, à mi-chemin entre Hawkesbury et Rigaud.

Le fait que Mélaric était l'une des rares ressources pour l'Outaouais (avec le pavillon Jelinek) n'a de toute évidence donné grâce aux yeux de certains.

La fermeture soudaine a provoqué un branle-bas de combat au palais de justice de Gatineau mardi. C'est qu'il y avait une dizaine de détenus de l'Outaouais à Mélaric, et le «système» devait leur trouver une place d'urgence - pas question de les mettre à la rue!

Québec donne tous les signes de s'être traîné les pieds dans le dossier des centres de désintoxication pour détenus. Cela faisait des mois que la marmite bouillait; Québec semble s'être dit que ça rouspéterait dans le réseau, mais que ses réformes finiraient par passer.

Chez Mélaric, on a pris les grands moyens: une fermeture sauvage. Ce n'est vraiment pas correct si c'est le cas, mais on peut comprendre que l'APOD et ses membres aient été à court de moyens face à un gouvernement qui ne veut rien entendre.

Aujourd'hui, il faut réparer les pots cassés. On ne parle même pas de montants considérables, quelques centaines de milliers de dollars. Si Québec a des arguments contre la Maison Mélaric, qu'il les étale sur la place publique. En attendant, il perd la bataille dans les coeurs de la population québécoise.

Les détenus n'ont pas souvent la cote aux yeux des Québécois, mais quand ils se prennent en main pour suivre une cure, pour devenir des citoyens responsables, ils méritent tout notre appui. Car l'alternative à ces détenus en cure, ce ne sont que plus de problèmes, pour eux, pour leurs proches et pour la société. Et ça finit par coûter bien plus cher à tout le monde.

Le gouvernement Couillard a reçu l'électrochoc: à lui d'agir pour réparer les pots cassés.

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