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ÉDITORIAL / L'arrivée d'un nouveau gouvernement à Ottawa... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / L'arrivée d'un nouveau gouvernement à Ottawa encourage un peu tout le monde à émettre leur «liste d'épicerie». Cette semaine, Tourisme Ottawa a dévoilé une liste en cinq points: développer les plaines LeBreton, remettre la fonction «célébrations» à la CCN, stimuler l'activité autour du canal Rideau, ramener le projet de Musée du portrait et créer un centre d'information touristique au centre-ville.

Rien ne permet de croire que le projet de développement des plaines LeBreton déraillera. La Commission de la capitale nationale dévoilera ce mois-ci les deux propositions qu'elle a reçues, dont la construction d'un nouvel amphithéâtre pour le hockey de la Ligue nationale, et suivra une ronde de consultations. Le terrain est en friche depuis trop longtemps; les astres semblent maintenant bien alignés pour dynamiser ce joyau inutilisé au coeur de la région de la capitale.

Sans doute que l'on peut faire plus avec le canal Rideau qui attire déjà son lot de touristes et d'amateurs de plein air. Par contre, la relance du projet du Musée du portrait semble prématurée. L'idée n'est pas moins intéressante qu'en 2006, quand Stephen Harper l'a mise à la poubelle. Mais les pressions sur les finances publiques sont énormes sur le nouveau gouvernement Trudeau. S'il faudra bien redonner vie à l'ancienne ambassade des États-Unis, face au parlement du Canada, le moment est-il venu d'investir dans un nouveau musée? Surtout que le Musée des sciences et de la technologie, bien plus populaire, a récemment été condamné à un remodelage superficiel par les conservateurs avant qu'ils ne perdent le pouvoir. Rappelons que d'autres musées «mineurs», sur la photographie et sur la place du Canada dans le monde, ont été de tristes échecs. Nul besoin d'en ajouter un autre. S'il doit être ressuscité, le Musée du portrait devra présenter un solide plan d'affaires. Nous n'en sommes pas encore là.

Les touristes sont perdus depuis la fermeture de l'InfoCentre en 2011 parce que l'édifice nécessitait de coûteuses rénovations. Trop peu savent qu'il a été déménagé dans le World Exchange Plaza, derrière. Un centre d'information touristique que l'on ne voit pas, ça ne sert à rien.

La recommandation la plus délicate est celle de détrousser le ministère du Patrimoine des fonctions d'animations pour les redonner à la CCN, comme avant. Il s'agissait d'une mauvaise décision des conservateurs - qui visiblement ne désiraient aucune interférence dans les ordres qu'ils donnaient pour célébrer la capitale autour de thèmes douteux comme la Guerre de 1812 - et les libéraux feraient bien de faire marche arrière. Le volet «célébrations» de la CCN était l'une de ses belles réussites.

Par ailleurs, le fédéral pourrait bien lui aussi passer ses messages à Tourisme Ottawa. Comme celui de bien évaluer l'impact du tourisme francophone à Ottawa. Le Québec représente moins de 15% de la clientèle touristique dans la capitale (aucune donnée précise sur la clientèle francophone n'est facilement accessible). Trop de touristes francophones peinent à se reconnaître dans une capitale encore trop anglophone. Qu'en pense Tourisme Ottawa? Le mouvement Ottawa bilingue ne pourrait-il pas donner un élan? Combien de leurs 332 membres offrent des services en français? Quelles synergies Tourisme Ottawa pourrait-elle développer avec Tourisme Outaouais, qui n'a que le tiers de son budget de 14 millions $?

On le voit: des questions, ça va dans les deux sens. Et Tourisme Ottawa a aussi des réponses à fournir.

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