La dure leçon de Françoise Boivin

Françoise Boivin... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Françoise Boivin

Patrick Woodbury, archives LeDroit

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ÉDITORIAL/ Françoise Boivin est sortie de son mutisme auto-imposé, cette semaine, et elle n'a pas déçu. La population de l'Outaouais aura reconnu en elle la femme qu'elle a toujours été: au service d'autrui, intense et dynamique.

L'antenne 104,7 FM a consacré une heure complète de son émission du midi, Solide comme le Roch, à l'ex-députée du Nouveau Parti démocratique dans Gatineau. Les auditeurs auront perçu dans sa voix la douleur amère de la défaite incompréhensible. La politique est parfois ingrate et balaie ainsi du revers de la main de fidèles serviteurs qui n'ont rien à se reprocher. Une vague est passée et elle a été emportée avec elle. Grosso modo, entre 2011 et 2015, quelque 20 000 électeurs ont basculé du camp de Mme Boivin vers celui du Parti libéral et son porte-couleurs Steve MacKinnon.

Ne sous-estimons pas non plus les rôles immenses qu'auront joués Justin Trudeau en 2015 et Jack Layton, en 2011.

Lors de ces deux élections, de solides députés sortants ont été balayés. Il y a quatre ans, Lawrence Cannon était éjecté du siège fédéral dans Pontiac à la faveur d'un candidat méconnu du NPD, Mathieu Ravignat. Le conservateur Cannon n'avait pourtant pas démérité sa réélection. Rares auront été les ministres qui auront autant livré pour une circonscription en Outaouais, et sa défaite avait, comme celle de Françoise Boivin, une saveur d'incompréhension.

Ils n'ont pas été les premiers ni ne seront les derniers. La politique est ainsi faite.

Les propos de Mme Boivin ont été diffusés alors qu'à Toronto, une autre néodémocrate, la députée ontarienne Cheri DiNovo, émettait de sérieux doutes quant au leadership du chef Thomas Mulcair. Les deux avis ont ainsi été mis l'un à côté de l'autre pour jeter le doute sur la performance de M. Mulcair, lui qui avait pourtant brillé à la période des questions.

Quand on perd ses élections, les couteaux sortent inévitablement. 

Le NPD procédera à une révision du leadership, ce qui est prévisible lorsqu'un parti perd 59 sièges à la Chambre des communes. De toute évidence, M. Mulcair et sa garde rapprochée ont mal articulé la réponse à la question du niqab et le parti a chuté à partir de ce moment... alors que les libéraux n'en ont pas souffert, même si leur position n'était fondamentalement pas différente.

Mais Françoise Boivin n'a nullement lancé de venin à l'endroit de M. Mulcair. Si certains l'auront perçu ainsi, c'est qu'il y avait un fossé entre sa relation avec son nouveau chef, et la complicité et l'admiration sans bornes qu'elle nourrissait pour Jack Layton qui avait fait d'elle l'une de ses piliers au Québec.

Aujourd'hui, la vie continue.

L'ex-députée a eu besoin de quelques semaines pour quitter ses bureaux sur la Colline parlementaire et de circonscription. Elle a par la suite pris du recul.

Avocate de formation, spécialisée en droit du travail, communicatrice par talent et par conviction, Françoise Boivin amorce maintenant, à 55 ans, une nouvelle étape de sa vie professionnelle.

Lorsqu'elle aura refait le plein d'énergie, elle trouvera bien un défi à la hauteur de ses qualités. Il serait dommage que la population de l'Outaouais ne puisse compter sur une femme avec de telles convictions et une telle fougue.

Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite des choses.

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