Fin de la lune de miel à l'horizon

Le dépôt du budget risque de marquer la fin... (Archives, La Presse)

Agrandir

Le dépôt du budget risque de marquer la fin de la lune de miel des Canadiens avec Justin Trudeau.

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / L'économie canadienne traverse une période difficile. Dans un flot de mauvaises nouvelles, le nouveau ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, amorce ses consultations en vue de son premier budget qu'il déposera à la fin de l'hiver.

Ce document risque de marquer la fin de la lune de miel des Canadiens avec Justin Trudeau. 

Car les pronostics n'ont rien de rassurant ces jours-ci. Ni pour les années qui viennent.

À 71 cents, le dollar canadien a atteint son plus bas niveau depuis plus d'une décennie. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, ne prévoit pas de reprise à ce chapitre avant un bon bout, ni dans le prix du baril de pétrole.

Le gouvernement s'est fait élire sur la base de trois déficits «raisonnables» de l'ordre de 10 milliards $ par an, sommes qui doivent entre autres financer un programme d'infrastructures qui doit stimuler l'économie canadienne. C'était un plan qui exigeait du courage politique parce que les conservateurs avaient fait du mot «déficit» un tabou. Stephen Harper et sa bande ridiculisaient leurs adversaires qui faisaient référence à un déficit ou à une hausse des taxes, les qualifiant d'incompétents. Compte tenu des minces états de service de Justin Trudeau, il lui a fallu une bonne dose d'assurance pour maintenir le cap.

Mais approche le moment de livrer la marchandise. 

Il ne faut pas se fier que sur les exportations canadiennes pour redonner de la vigueur à nos finances publiques. Et puis, exporter quoi? Du bois, des métaux? Les prix sont bas. Ça vaut aussi pour le pétrole. Des produits manufacturiers? Le secteur industriel canadien a souffert pendant les années conservatrices alors que M. Harper avait tout misé sur les ressources pétrolières. Quel est le fleuron de nos exportations? Certainement plus les appareils BlackBerry!

Les Canadiens ont «acheté» l'outil d'un déficit raisonnable. Mais MM. Trudeau et Morneau ne doivent pas voir là une ouverture à aller encore plus profondément en déficit. 

Pourtant, c'est ce que l'on entend à travers les branches. Que ce qui importe plus que l'ampleur du déficit budgétaire, c'est le ratio du déficit par rapport à la taille de l'économie canadienne, et que le grand objectif libéral est de s'assurer que ce quotient ne grimpe pas.

Voilà ce qui s'appelle jouer avec les mots.

Les libéraux ont promis trois déficits d'environ 10 milliards $, suivi d'un retour à l'équilibre budgétaire en 2019-2020, ce qui correspondra avec la prochaine élection fédérale. Certaines circonstances peuvent justifier que les déficits pourraient aller un peu au-delà des 10 milliards $. Peut-être 11 ou 12 milliards $. Mais ces circonstances doivent être expliquées aux Canadiens. Nous ne parlons pas ici de déficits gonflés pour payer l'épicerie... ou les promesses électorales libérales. Par exemple, les rabais d'impôt à la classe moyenne, qui devaient être financés par une hausse équivalente des impôts aux plus riches, coûteraient 1,4 milliard $ de plus qu'anticipé par les libéraux quand ils étaient dans l'opposition. Les Canadiens n'ont pas à souffrir des mauvais calculs d'un parti trop anxieux de gagner ses élections. 

Pas question non plus de recourir à la baguette magique d'un rehaussement de la TPS de 5 à 6 ou 7%, comme elle l'était au temps des libéraux de Paul Martin et de Jean Chrétien. Les finances des Canadiens sont trop fragiles pour ça.

Décidément, ce budget sera bien intéressant!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer