Au-delà du 2amendement

ÉDITORIAL / Les Américains tiennent à leurs armes à feu avec une ferveur qui... (Associated Press)

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ÉDITORIAL / Les Américains tiennent à leurs armes à feu avec une ferveur qui échappe aux Canadiens. On a beau dire que ce droit est protégé par le deuxième amendement de la Constitution, cela tient du mystère de voir à quel point la population américaine y tient, même au prix de tueries quotidiennes qui coûtent plus de 30 000 vies chaque année.

Aucun espace n'est à l'abri, même pas une école primaire, comme l'a démontré la tuerie de Sandy Hook, à Newtown, au Connecticut, qui a réclamé la vie de 20 enfants, six enseignants, l'assassin et sa mère. 

C'est le seul pays au monde à vivre une telle crise de sécurité publique. 

Chaque épisode bouleverse, provoque des appels à la paix et à la prière, mais rien n'est fait sur le contrôle des armes à feu. Comme si l'on refusait de voir quelque lien que ce soit entre la multiplication de ces tragédies et la prolifération sans contrainte des armes. Trop d'élus prônent le laissez-faire, trop peu reconnaissent publiquement qu'ils craignent être défaits si le puissant lobby de la National Rifle Association se ligue contre eux. Pour ces derniers, le problème n'est pas les armes en elles-mêmes, mais les gens qui en font un mauvais usage. 

Le silence du président des États-Unis laissait croire qu'il partageait cette vision des choses. Ou qu'il n'avait pas la marge de manoeuvre pour faire autrement. Jusqu'à tout récemment.

Barack Obama semble bien décidé à aller au-delà des mots, aussi loin que le régime politique américain lui permettra. Ce qui n'est pas vraiment loin, du point de vue du Canada et des autres pays de l'Occident, mais au moins y a-t-il un début de volonté.

Au passage, il met au rancart l'idée qu'un président en fin de mandat est dépouillé de tout pouvoir. Ce président, à qui il ne reste qu'une année à faire, profite d'une situation exceptionnelle qui pourrait lui permettre d'agir dans le dossier du contrôle des armes à feu et ignorer le NRA. Les deux candidats qui se disputent la nomination du Parti démocrate, Hilary Clinton et Bernie Sanders, partagent son avis et affichent leurs positions avec une limpidité étonnante. Ainsi, le président Obama peut proposer un resserrement des règles concernant les armes à feu sans craindre de nuire à son parti ou à la personne qui lui succédera.

À vrai dire, les mesures que M. Obama propose maintenant sont encore très timides. Elles sont presque symboliques. Le Congrès en refusera certaines parce qu'il contrôle le pouvoir de dépenser de l'État américain.

Le président désire augmenter le contrôle sur les ventes d'armes ailleurs que dans les magasins, que ce soit sur Internet ou dans les «gun shows» qui se tiennent tous les week-ends partout au pays. Aucune vérification de sécurité n'est obligatoire pour ces vendeurs. 

Il veut augmenter les moyens des autorités fédérales pour faire enquête, dévouer plus de ressources pour les Américains qui ont des problèmes de santé mentale. Il aimerait aider le développement de technologies qui restreignent l'usage accidentel ou frauduleux d'armes à feu, un genre de cran d'arrêt virtuel.

Les États-Unis se sont isolés du reste du monde occidental sur la question des armes à feu. Souhaitons que Barack Obama, dans les circonstances particulières qui caractérisent la fin de son second mandat, pourra mettre réduire les abus de violence dans son pays.

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