Pour une capitale bilingue en 2017

Quand Jim Watson et les conseillers réfractaires à... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Quand Jim Watson et les conseillers réfractaires à un plus large espace francophone constateront que la population est derrière Ottawa bilingue, ils cesseront de prétendre que le statu quo est suffisant.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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ÉDITORIAL / S'il doit y avoir une reconnaissance officielle du français pour la capitale du Canada à l'occasion du 150anniversaire de la Confédération, en 2017, les cartes doivent se jouer en 2016, dès cette année.

Il reste encore beaucoup de travail à abattre pour atteindre ce noble objectif à deux niveaux. Le premier est plus symbolique et vise à offrir à tous une capitale nationale vraiment bilingue, au-delà des institutions fédérales qui y sont tenus par la Loi sur les langues officielles. Le second est plus pratique et cible la bonification des services en français pour les quelque 150 000 francophones d'Ottawa.

Cette reconnaissance passe par un amendement à la Loi de 1999 sur la Ville d'Ottawa, une loi du Parlement de l'Ontario. Ce que Queen's Park a adopté, il est le seul à pouvoir l'amender. Le message du gouvernement libéral est clair depuis plusieurs années: il ne le fera que si la Ville d'Ottawa en fait la demande.

C'est là que l'entêtement du maire Jim Watson prend toute son importance: il refuse net de demander tout amendement. Il prétend que la politique de bilinguisme de la Ville d'Ottawa, adoptée il y a 10 ans, suffit. Il faut croire qu'une majorité de conseillers municipaux sont d'accord: ils ne l'ont jamais forcé à aller plus loin. La population anglophone non plus.

Depuis quelques années, plusieurs militent pour élargir l'espace francophone à Ottawa, pour y faire reconnaître un statut pleinement bilingue. Des groupes comme Ottawa capitale bilingue, ou OCOB, ont obtenu des appuis de partout au pays... mais pas celui de M. Watson ni de conseillers municipaux. Plusieurs espéraient que les députés fédéraux et provinciaux pourraient peser de tout leurs poids sur ces derniers pour les faire changer d'avis.

Le nouveau député fédéral d'Orléans, Andrew Leslie, comptait parmi ces appuis. Dans une entrevue publiée dans LeDroit, cette semaine, il est devenu plus prudent. Cela est plus que dommage: bien des francophones espéraient plus de conviction de sa part.

Là où M. Leslie a raison, c'est que la communauté anglophone doit aussi être convaincue de la nécessité d'un statut bilingue officiel pour Ottawa. Jusqu'ici, les militants francophones ont travaillé en vase clos, ils n'ont pas tendu la main à leurs voisins anglophones. Cette main tendue doit être limpide: le projet doit être bien défini, avec ses forces et ses limites. Plusieurs anglophones craignent que l'élargissement de l'espace francophone se fasse à leurs dépens. Ils craignent perdre des emplois qui deviendraient désignés bilingues, craignent que les politiques de bilinguisme ne coûtent beaucoup plus cher aux contribuables.

Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable: il y a à Ottawa un fond anti-francophone qui luttera avec force contre un bilinguisme bonifié. Les francophones doivent en être conscients et convaincre les indécis au sein de la population.

Quand Jim Watson et les conseillers réfractaires à un plus large espace francophone constateront que la population est derrière Ottawa bilingue, ils cesseront de prétendre que le statu quo est suffisant.

Si les francophones espèrent une capitale bilingue pour 2017, voilà le travail qui les attend en 2016. Le temps presse. La balle est dans le camp des francophones qui doivent répondre aux objections des anglophones, de la population jusqu'aux députés en passant par les conseillers. Ottawa ne deviendra pas bilingue juste parce que les francophones le demandent...

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