Les Fêtes, un rappel des inégalités sociales

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Justement parce que pendant que des millions de Canadiens ont participé à une course folle au cours des derniers jours pour arriver à temps et à la perfection (bien imparfaite, bien sûr!) au réveillon de Noël, quelque cinq millions d'autres ont regardé ce sprint avec un sentiment d'impuissance, selon le collectif Canada sans pauvreté.

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ÉDITORIAL/ Peu de moments illustrent autant les inégalités sociales au Canada que le temps des Fêtes.

Elles ne doivent pas cesser de nous faire réagir. Cette intolérance face à la misère fait en quelque sorte partie du tissu social de notre pays. 

Cela nous démarque de plusieurs autres.

Cela ne fait pas de nous des êtres plus vertueux ou meilleurs, simplement différents. Peut-être plus humains, et il ne faut pas laisser cela s'émousser.

Nos voisins américains semblent s'être faits à l'idée que l'on ne peut agir vigoureusement contre la pauvreté.

Que le succès s'avère avant tout une question de travail et de persévérance. Que ceux qui ont réussi dans la vie - peu importe la manière que l'on définisse cette réussite, économique ou autre - le sont en raison de leurs qualités personnelles et des chances qu'ils ont créées autour d'eux. Ils rejettent l'idée d'un certain déterminisme social que la société à laquelle nous faisons partie influence notre parcours dans la vie bien plus que nous ne le réalisons.

Pour les Américains, c'est surtout une question d'intelligence et de désir.

La pensée prévalente au Canada atténue le rôle de ces deux facteurs - qui ne sont toutefois pas sans leur importance capitale! - et reconnaît que notre environnement nous modèle beaucoup.

Pourquoi de telles pensées?

Justement parce que pendant que des millions de Canadiens ont participé à une course folle au cours des derniers jours pour arriver à temps et à la perfection (bien imparfaite, bien sûr!) au réveillon de Noël, quelque cinq millions d'autres ont regardé ce sprint avec un sentiment d'impuissance, selon le collectif Canada sans pauvreté.

Ceux-là peinent à se payer les nécessités de la vie: se payer des aliments sains, un toit adéquat, des services de base, etc. Ils sont constamment sur la corde raide, ne sachant s'ils pourront payer leur loyer et les factures à la fin du mois.

Ce sont des gens bien ordinaires, comme vous et moi à bien des égards. Peut-être ont-ils pris quelques mauvaises décisions en cours de route. Peut-être n'ont-ils pas profité des meilleurs modèles familiaux. Peut-être ont-ils perdu un bon emploi - à cause d'une crise économique amorcée loin de chez nous, ou parce qu'ils n'avaient pas un «bon boss» comme celui rêvé par Yvon Deschamps.

Peut-être ont-ils été malades... et perdu des revenus à cause de cela.

Ou peut-être ont-ils été simplement victimes de malchance.

L'un ou l'autre de ces facteurs ne doit pas nous condamner à une existence de pauvreté, et condamner nos enfants aussi.

Au cours de cette période des Fêtes, peu importe ce que l'on célèbre - même si ce n'est que le congé! -, il serait important de se souvenir des inégalités sociales qui marquent nos communautés.

Collectivement, le Canada agit en ce sens en accueillant 25 000 réfugiés syriens ces semaines-ci. Cet engagement du gouvernement de Justin Trudeau est noble et se répercute dans plusieurs municipalités.

Mais il ne faut pas s'en remettre qu'aux autres, qu'à l'État qui parle en notre nom. Comme la cause de l'environnement, l'action contre la pauvreté et les inégalités sociales commencent autour de soi. À ceux qui le peuvent d'agir!

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