Regard humain

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Justin Trudeau a promis que son gouvernement donnera suite aux 94 recommandations de la commission Vérité et réconciliation.

La Presse Canadienne

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ÉDITORIAL / Au coeur d'Ottawa, à quelques centaines de mètres du parlement du Canada, des milliers d'autochtones souffrent en silence des politiques d'acculturation que notre pays a imposées par ignorance ou mauvaise foi pendant des décennies.

Trop de gens qui les croisent ne voient que les problèmes en surface que tant d'entre eux éprouvent au quotidien. Les pires cas se retrouvent dans les accueils pour sans-abri, aux prises avec des dépendances à l'alcool et aux drogues, enfoncés dans l'isolement et une pauvreté endémique.

Les pires réactions qu'ils suscitent relèvent du racisme le plus primaire.

Les pensionnats autochtones ne sont que l'une des nombreuses explications de l'état parfois lamentable dans lequel se retrouvent trop de représentants de ces peuples fondateurs. Cette semaine, la commission Vérité et réconciliation a déposé son volumineux rapport, au terme de six années de consultations qui ont permis à des gens des Premières Nations de s'ouvrir sur cette atroce partie de leur histoire.

On peut essayer de réparer les blessures psychologiques des victimes. La tâche sera herculéenne. Justin Trudeau a aussi promis que son gouvernement entend donner suite aux 94 recommandations de la commission présidée par le juge Murray Sinclair.

Le souhait le plus important n'apparaît pas dans ce rapport: que le regard des Canadiens change. Il faut cesser d'en voir les membres des Premières nations comme autant de profiteurs de la générosité de l'État, mais plutôt comme des victimes d'une campagne plus que centenaire d'éradication de la culture autochtone. Dénié de l'amour de leurs proches, dénié de la richesse de l'intelligence de la Terre, tout être humain sombrerait aussi dans le néant. C'est cette humanité qu'il faut reconnaître dans le regard de nos frères.

Feu le Monument à l'entêtement

Officiellement, son nom était le Monument aux victimes du communisme.

On aurait tout aussi bien pu l'appeler le Monument à l'entêtement conservateur.

Faisant fi des consultations passées, sans se donner la peine d'en discuter avec les partenaires habituels ou les voisins, les conservateurs sous Stephen Harper avaient décidé d'offrir un terrain voisin à l'édifice de la Cour suprême du Canada pour aménager un imposant mémorial.

Les ministres responsables, John Baird puis Pierre Poilièvre, n'avaient pas hésité à utiliser leur influence pour forcer cette décision sortie de nulle part, soutenue par de faibles arguments.

Il était écrit dans le ciel que ce projet qui avait pris une teinte de controverse serait revu avec l'élection du libéral Justin Trudeau.

Hier, la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a ainsi confirmé que le projet sera repris de zéro. Le site proposé revient au Jardin des provinces, à quelques centaines de mètres de la Cour suprême, où il était prévu au départ. Un concours devrait arrêter un nouveau design et la part du fédéral - «qui dépassait les 5 millions $», selon Mme Joly - a été ramenée à 1,5 million $.

On peut encore s'interroger sur la pertinence d'un tel monument qui s'attaque directement aux régimes politiques de certains pays. Pas évident que la Chine apprécierait qu'on la pointe du doigt ainsi, par exemple.

Mais au moins en en réduisant l'ampleur et le plaçant dans un lieu moins symbolique, le nouveau gouvernement vient d'éteindre un feu que les conservateurs avaient sciemment allumé pour l'on ne sait trop quelle raison.

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