Les efforts à venir

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Le commun des mortels est celui qui devra changer ses habitudes.

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ÉDITORIAL / À la fin de la Conférence de Paris sur les changements climatiques, des politiciens de partout se congratulaient de leur «victoire» contre l'immobilisme et les combustibles fossiles. De fait, l'accord convenu entre les 195 pays est significatif: il signale une volonté partagée parmi la vaste majorité des pays du monde - et tous les plus importants - de lutter contre les sources des changements climatiques, notamment le charbon et le pétrole.

Compte tenu que le discours des climato-sceptiques occupait encore une large place dans l'espace public il y a 10, voire cinq ans, il y a lieu de se réjouir, oui. Ainsi que du fait que les États-Unis, la Chine et l'Inde sont signataires de l'entente, eux qui sont les trois pays les plus coupables pour l'émission de gaz à effet de serre.

Ceux qui porteront le véritable poids de l'entente COP21 - si les pays font suite à leurs engagements jusqu'ici symboliques - n'en ont pas encore saisi toute la portée. Ce sont les gens ordinaires des quatre coins de la Terre qui devront mettre l'épaule à la roue. Leurs leaders politiques parlent pour eux, évidemment, mais le commun des mortels est celui qui devra changer ses habitudes.

Ce sera ce travailleur de l'industrie pétrolière de l'Alberta ou de la Saskatchewan qui, mis à pied depuis la dégringolade des prix du baril de pétrole, devra se faire à l'idée que ses belles années de prospérité ne reviendront probablement jamais.

Bien sûr, il faut trouver une manière de réduire la sombre empreinte écologique du pétrole des sables bitumineux. Mais entre le moment où l'on pourrait dénicher cette solution et le moment où le travailleur se sera recyclé dans une industrie d'énergie verte, il se passera des années pendant lesquelles son quotidien sera bouleversé. Il n'aura pas vu grand raison de se réjouir de cette entente.

Le concert des nations sur les questions du climat dépasse évidemment le sort de ces milliers de travailleurs. Il en va de la santé de la Terre et dans cet effort, il y a inévitablement des gagnants et des perdants.

Nous devrons tous nous adapter à de nouvelles réalités.

Nous le voyons autour de nous combien il est difficile d'adopter de nouveaux comportements. Si nous croyons avoir fait les efforts nécessaires pour réduire notre empreinte écologique, nous n'avons encore rien vu. Ennuyés par les campagnes de recyclage, de compostage, d'économie d'eau? Vous n'avez encore rien vu. Soulagé (temporairement) par le prix du pétrole à la pompe? Préparez-vous à payer deux fois plus cher. Faites-vous à l'idée de devoir réduire vos transports, à conduire un véhicule moins énergivore, moins puissant, moins lourd. Fatigués qu'on vous fasse sentir coupable d'utiliser votre auto et de ne pas utiliser le transport en commun? Ce n'est que le début.

Si ça vous semble de bien grands sacrifices, consolez-vous à l'idée qu'ailleurs, des millions de personnes devront en faire de bien plus considérables. Cette adaptation que l'on exige des Canadiens ne leur commande pas de déménager parce que leurs terres du niveau de la mer sont inondées. N'exige pas d'eux de s'exiler vers un pays où ils devront tout reprendre de zéro: nouveau métier, nouvelle société, nouvelle langue, déracinement de la famille, etc.

En comparaison, les Canadiens l'ont facile.

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