Rien n'a bougé

Le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

Le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Lorsque Mark Kristmanson est arrivé à la tête de la Commission de la capitale nationale, il était familier avec les pressions pour qu'y siègent les maires d'Ottawa et de Gatineau. Rien n'a bougé depuis.

L'arrivée d'un nouveau gouvernement libéral n'ébranle pas la détermination de la CCN de ne pas revoir cet aspect de sa gouvernance.

Même si la ministre du Patrimoine Mélanie Joly souhaiterait «une nouvelle façon de travailler ensemble» - les mots rapportés par M. Kristmanson.

Cette «nouvelle façon» n'inclut pas l'intégration des maires au sein du conseil des commissaires de la CCN, faut-il comprendre des propos de Mark Kristmanson, qui participait à une rencontre éditoriale avec le quotidien LeDroit, vendredi.

Sur ce sujet, son opinion n'a pas bougé d'un iota depuis son entrée en poste.

En mai 2014, lors d'une autre rencontre du genre avec LeDroit, M. Kristmanson parlait d'un «nouveau mécanisme d'échange» avec les villes et leurs maires, sans proposer à ces derniers de se joindre au conseil de la CCN.

Depuis, il joue sur les mots. Ils sont changés mais ce sont des synonymes qui laissent bien transparaître que sur le fond, la pensée de la CCN n'a pas évolué, même avec l'impulsion du nouveau gouvernement.

Sa «nouvelle formule» réfère plutôt à un comité ad hoc qui a été créé l'an dernier pour dénouer l'impasse entre la CCN et la Ville d'Ottawa concernant le tracé du futur train léger le long de la promenade Sir John A. MacDonald.

Les fonctionnaires n'arrivaient à rien parce que le problème était plus politique que technique, a-t-il rappelé. Lorsque M. Kristmanson et Kent Kirkpatrick, le directeur général de la Ville d'Ottawa (qui a depuis remis sa démission), ont décidé de diriger conjointement la recherche d'une solution, tout a fonctionné.

On aura compris que le patron de la CCN aimerait une solution similaire pour régler les problèmes de coordination entre la CCN et les villes d'Ottawa et de Gatineau.

Sous le gouvernement conservateur, il était clairement perceptible que les ministres qui avaient le contrôle politique sur la CCN - notamment John Baird et Pierre Poilièvre - ne voulaient absolument pas partager ce pouvoir avec les maires. D'autant plus qu'ils n'étaient pas de la même «couleur politique» qu'eux. Celui d'Ottawa, Jim Watson, a été ministre libéral ontarien sous Dalton McGuinty, et Maxime Pedneaud-Jobin, à Gatineau, a des allégeances souverainistes.

Mais le mécanisme de coordination dans lequel Mark Kristmanson veut contenir les maires de la région ne suffit pas. Il s'agit certainement d'un pas en avant par rapport aux échanges occasionnels du présent mais il faut davantage. Six commissaires de la CCN ont beau être de la région de la capitale, il y en a neuf autres qui n'ont pas le feedback direct de 1,2 million de citoyens d'Ottawa et de Gatineau. Ils se forgent une opinion qu'à partir du filtre intéressé de la CCN et de lefurs propres recherches. Ce n'est pas suffisant. Il y a encore trop d'écueils entre la CCN et les gouvernements locaux et il n'y a rien comme des échanges en face à face pour aplanir les problèmes de communication.

Peut-être n'ont-ils pas besoin de jouir d'un droit de veto sur les décisions de la CCN, ni même d'un droit de vote. Mais les maires d'Ottawa et de Gatineau doivent avoir leur place à la table de la CCN.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer