Des budgets semblables

Tant à Ottawa qu'à Gatineau, l'adoption du budget... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Tant à Ottawa qu'à Gatineau, l'adoption du budget a donné des résultats similaires.

Patrick Woodbury, LeDroit

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ÉDITORIAL / Les villes d'Ottawa et Gatineau ont adopté cette semaine des budgets somme toute similaires. Ottawa imposera une hausse d'impôts fonciers de 2% et Gatineau, 2,9%. Dans un cas comme dans l'autre, ces augmentations avoisinent le taux cible de l'Indice des prix à la consommation, à 2%.

Il s'agit de hausses modestes qui tiennent compte de la capacité de payer des contribuables.

La Ville de Gatineau compte un peu moins du tiers de la population d'Ottawa, 265 000 contre 883 000. Mais son budget est six fois plus petit: 564,8 millions $ contre 3,1 milliards $ à Ottawa.

Mais les comparaisons sont nécessairement boiteuses. Gatineau facture séparément son service des ordures, pas Ottawa. Par contre, Ottawa facture l'eau (au mètre cube!) séparément du reste de ses impôts fonciers, pas Gatineau. Il y a plusieurs pratiques différenciées du genre qui rendent les équivalences difficiles à faire. Mais une chose est claire: l'augmentation de la facture de taxes aux propriétaires à 2% et 2,9%.

La hausse plus importante des impôts fonciers un peu plus difficile à digérer du côté de Gatineau parce qu'elle survient au même moment où le gouvernement du Québec procède à de nombreuses réductions de service. Puisque tous ces impôts viennent des poches des mêmes contribuables, ces derniers ont le sentiment que les pouvoirs publics les facturent davantage pour un panier de services réduit. C'est compréhensible, mais il faut s'en faire une raison: Québec prend ses décisions et ce n'est pas aux élus de Gatineau d'en subir la foudre. Les gens doivent adresser leurs doléances aux bons endroits.

Ceux qui souhaiteraient un statu quo des taxes domiciliaires devraient se rappeler qu'à Ottawa, les gouvernements successifs de Bob Chiarelli et de Larry O'Brien ont voulu jouer cette carte. M. Chiarelli l'a réussi en 2001, 2002 et 2003; pas M. O'Brien, qui s'est affreusement cassé les dents. Mais il s'agissait d'un objectif illusoire. Ottawa ne cesse de grandir et a une population croissante à desservir. Il existe aussi des forces inflationnistes, le fameux IPC; au bout de trois ou quatre années, les élus sont confrontés à un effet de barrage qui cède devant un surplus de pressions de toutes parts. À Ottawa, sous M. O'Brien, ils ont dû imposer des augmentations de 4,9% en 2008 et 2009, notamment, et 3,77% en 2010.

Des voix ont par ailleurs fait grand cas que les budgets ont été adoptés sur division, tant à Ottawa qu'à Gatineau. Dans la capitale, cinq élus ont voté contre le budget, 18 pour. À Gatineau, trois des 18 conseillers ont tourné le dos au budget de l'administration de Maxime Pedneaud-Jobin.

Pourquoi s'en formaliser? C'est le cas des budgets des provinces et du fédéral. Personne n'y réclame l'unanimité: tous s'en surprendraient, même!

Au contraire, il est normal que différents points de vue s'expriment à la table du conseil. Nous pourrions même dire qu'il en va d'une saine démocratie.

Évidemment, tous souhaiteront que ces opinions tiennent à des questions de principe. À Ottawa, le conseiller de Rideau-Rockcliffe, Tobi Nussbaum, s'est opposé au budget parce qu'elle incluait une hausse des tarifs d'OC Transpo.

À Gatineau, on sent davantage de positionnement politique derrière les votes au conseil, notamment celui de Sylvie Goneau, du district de Bellevue. Elle préparerait une campagne à la mairie que personne ne s'en étonnerait.

Deux villes, deux approches, deux résultats similaires.

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