Les excuses

Le député libéral de Sudbury, Glenn Thibeault... (Photo tirée de Twitter)

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Le député libéral de Sudbury, Glenn Thibeault

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ÉDITORIAL/ Lundi, le député provincial de Sudbury Glenn Thibeault a déposé une requête afin que l'Assemblée législative de l'Ontario présente des excuses formelles à la communauté franco-ontarienne pour l'infâme Règlement XVII.

L'initiative est louable et pourrait agir comme un baume sur les plaies morales de milliers de Franco-ontariens qui ont été trahis par leur gouvernement en 1912, et par tous ceux qui ont suivi avec des décisions qui, si elles n'étaient pas aussi intolérantes, mettaient les bâtons dans les roues de la communauté francophone.

Mais des paroles n'engagent trop souvent à rien. Comme le disent nos compatriotes anglophones: «Talk is cheap

Il ne faudrait pas que des excuses prononcées rapidement, du bout des lèvres par certains, pour des gestes qui ont été commis il y a plus de 100 ans par les générations qui nous ont précédé prennent la place de mesures concrètes qui auraient des conséquences heureuses pour les générations qui suivront.

Les doléances des Franco-ontariens sont nombreuses. La liste de leurs souhaits - non pas de souhaits! - des outils dont ils ont besoin pour s'épanouir, est longue et onéreuse. Un organisme comme l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario sert justement à les canaliser: une université entièrement franco-ontarienne, l'appui à une importante immigration française en milieu minoritaire (et son intégration), de meilleurs services de santé (entre autres en santé mentale et pour les jeunes), un rôle de plein exercice au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, une capitale officiellement bilingue à Ottawa, plus de régions désignées, un réseau d'éducation encore plus performant, des aides aux services communautaires, etc.

Chacun de ces moyens, même pris séparément, pourrait bénéficier davantage aux Franco-ontariens que quelques paroles, même bien senties, lues devant le Parlement de l'Ontario.

Là, il y a un risque que des excuses officielles, si elles devaient être prononcées quelques jours à peine après leur demande, ne soit pas prises au sérieux. Plusieurs gouvernements ont déjà prononcé des excuses dans l'histoire du Canada: aux peuples des Premières Nations, aux Japonais, aux Ukrainiens, etc. Il ne faudrait pas que ce soit des paroles lancées à la va-vite.

Il faut par ailleurs prendre conscience que si elles seront douces aux oreilles des Franco-ontariens, de telles excuses s'adresseraient davantage aux générations qui ont subi l'assimilation et qui ont perdu leur langue et de grands pans de leur culture. Pourrait-il y avoir des mesures concrètes pour aider ceux qui le souhaitent à la retrouver un peu? La refrancisation existe déjà, elle pourrait être bonifiée.

Il y a à Queen's Park un gouvernement libéral qui a mis en place plusieurs mesures favorables aux Franco-ontariens sous Dalton McGuinty et Kathleen Wynne. Mais tout n'est pas passé facilement; plusieurs initiatives sont venues de longue lutte. Le capital de sympathie de bien des élus ontariens face aux espoirs franco-ontariens ne doit pas être gaspillé sur des vétilles.

Cela ne veut pas dire que ces excuses officielles sont sans importance. Les symboles sont puissants. De telles paroles mettraient un beau point final à une longue année de reconnaissance et de célébrations de 400 années de présence française en Ontario. Mais disons que la proposition imaginée par l'ACFO du Grand Sudbury et formulée par le député Thibeault est sortie un peu d'un chapeau de magicien. Elle devrait être largement discutée par les composantes de l'AFO pour qu'elle soit accompagnée de mesures concrètes pour définitivement ranger le Règlement XVII dans le placard de l'histoire.

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