Une nouvelle ère

Les libéraux de Justin Trudeau ont tracé les... (Blair Gable, AFP)

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Les libéraux de Justin Trudeau ont tracé les grandes lignes de leur action future. Le quotidien menacera de les faire déraper. Il faudra voir comment ils garderont le cap.

Blair Gable, AFP

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ÉDITORIAL / Un discours du Trône annonce la direction du gouvernement pour les prochaines années. Le vocabulaire est toujours assez général; ce ne sont pas des projets de loi, ni même une argumentation pour expliquer ses priorités.

Il peut être court comme celui du nouveau gouvernement de Justin Trudeau, vendredi, ou il peut être plus verbeux; cela importe peu, au final. Il faut plutôt s'attarder aux éléments qu'il contient, aux nuances de langage, ainsi qu'à ce qu'il ne dit pas. 

L'approche des libéraux s'avère évidemment très différente de celle du gouvernement conservateur des neuf dernières années. Plusieurs thèmes qui irritaient l'ex-premier ministre Stephen Harper se retrouvent dans le plan de M. Trudeau, et c'est précisément pourquoi les Canadiens ont choisi de tourner la page aux élections du 19 octobre dernier. 

Ils ont donc pu apprécier dans ce discours du Trône une ouverture à des revendications historiques des Premières Nations, à l'accueil de 25 000 réfugiés syriens, à une meilleure gouvernance dans la transparence parlementaire, au financement de la Société Radio-Canada, à la légalisation de la marijuana, à la réforme électorale, etc. Toutes des choses que M. Harper n'aurait jamais proposées; ce n'était pas la direction qu'il souhaitait pour le pays. 

Il n'y a eu par ailleurs aucune mention d'initiatives favorisant la loi et l'ordre, la lutte contre le crime, la menace terroriste ou la réduction des taxes. Ces thèmes étaient des idées fixes pour Stephen Harper et il était temps de s'en éloigner. 

À la place, M. Trudeau annonce une nouvelle ère de collaboration avec les provinces, un thème sur lequel il prend ses distances de l'héritage de son paternel, Pierre Elliott Trudeau. Trente années se sont écoulées depuis la première ère Trudeau. Depuis, il y a eu des tentatives, fortes ou faiblardes, de moderniser le dialogue avec les 10 provinces et les trois territoires dans le véritable esprit d'une confédération. Des rencontres ont déjà eu lieu sur l'accueil aux réfugiés, et une autre est prévue sur l'environnement d'ici trois mois. Le discours du Trône en annonce d'autres sur la santé, sur la réforme du Sénat, sur le coût de l'éducation postsecondaire. Nous devinons que d'autres discussions auront lieu sur les accords commerciaux et sur les langues officielles - le français est en péril partout au pays et mérite des mesures favorables. 

Un jour, il faudra bien aussi redémarrer les échanges sur la place du Québec au sein du Canada. Même si l'intérêt semble bien tiède des deux côtés de la table, les libéraux fédéraux réaliseront un jour qu'ils ont plus de chance de s'entendre avec leurs cousins du Québec que le Parti québécois...

Les conservateurs ont regretté que le discours du Trône ne parle pas de la place du moteur économique que constitue le secteur privé. Peut-être les libéraux pouvaient-ils le mettre de côté parce qu'ils ont senti en campagne électorale que le mot «gouvernement» n'était plus tabou, qu'il y avait un rôle pour l'État au Canada. Là où leurs intentions n'ont pas été télescopées dans le document de vendredi, c'est sur le Partenariat transpacifique; cela laisse croire que le nouveau gouvernement ne l'appuie pas avec la même ardeur que le précédent.

Les libéraux de Justin Trudeau ont tracé les grandes lignes de leur action future. Le quotidien menacera de les faire déraper. Il faudra voir comment ils garderont le cap sur leur longue liste d'engagements électoraux.

Les Canadiens ont de grands espoirs pour leur avenir.

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