Un référendum, une bonne idée

ÉDITORIAL / Un référendum à la grandeur de la Ville de... (Courtoisie, Brigil)

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Courtoisie, Brigil

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ÉDITORIAL / Un référendum à la grandeur de la Ville de Gatineau pourrait s'avérer un outil intéressant et utile pour aider les pouvoirs publics à décider de l'avenir des tours que Brigil propose pour le centre-ville.

De toute évidence, le projet Place des peuples est controversé et provoque des passions.

Deux grandes forces se font face dans l'espace public. D'un côté, Brigil, son propriétaire Gilles Desjardins et les alliés qu'il s'est payés, comme l'architecte Douglas Cardinal et l'ex-maire de Gatineau, Yves Ducharme. De l'autre, un groupe de résidants du quartier du musée, appuyés par plusieurs organisations de défense du patrimoine, notamment. 

Au milieu, une majorité d'élus de Gatineau qui hésitent et tergiversent. Et comme il est devenu évident la semaine dernière, la Chambre de commerce de Gatineau. Quand Antoine Normand a témoigné d'une frilosité sur le projet, un tollé a suivi, le conseil d'administration s'est rebiffé... et M. Normand a préféré démissionner.

Dans ce contexte, l'idée de mener une consultation auprès des Gatinois permettrait de mieux évaluer l'acceptabilité sociale du projet Brigil.

En l'absence d'une telle donnée, cela permet à M. Ducharme de clamer qu'une «grande majorité» des contribuables gatinois est favorable aux deux immenses tours qui se construiraient sur la rue Laurier, en face du Musée canadien de l'histoire. Personne ne peut prétendre le contraire.

Un référendum doit être bien construit. Il peut aller plus loin que le oui ou non. Il peut être consultatif ou lier les élus à une décision.

Dans ce cas-ci, il permettrait de jauger l'opinion publique sur la valeur du Plan particulier d'urbanisme adopté par les autorités municipales en 2009. Cette ligne de conduite a été adoptée au terme de longues consultations avec les populations locales, dont les opposants se réclament maintenant pour bloquer tout projet de développement qui en jette les balises par la fenêtre. Par contre, il y a du vrai dans l'assertion de M. Ducharme à l'effet que des projets inattendus peuvent exiger un réexamen du PPU si «les bénéfices pour la communauté surpassent de loin les inconvénients pour certaines personnes».

Les opposants au projet pourraient difficilement s'opposer à un référendum municipal - plutôt qu'un autre limité au Quartier du musée. Ils ont profité de l'appui de citoyens d'autres quartiers, comme les Amis de Wychwood ou la Société d'histoire de l'Outaouais. Il serait inconvenant qu'ils refusent droit de parole aux autres citoyens.

Celui qui pourrait en profiter le plus sera évidemment le maire Maxime Pedneaud-Jobin, perplexe devant ce dossier. Nous sentons bien qu'il voudrait dire non. Mais il ne veut pas tourner le dos à des revenus estimés à 8 millions $ par M. Desjardins, le plus important promoteur immobilier de la ville. Il ne veut pas poursuivre le travail de destruction du centre-ville amorcé dans les années 1970. La Place des peuples détournerait l'intérêt pour la revitalisation du secteur du ruisseau de la Brasserie. Et bafouer le PPU n'est pas dans son code génétique, lui qui donne du poids aux consultations publiques.

Par contre, il y a des risques à tenir un référendum: il pourrait ne pas fournir les réponses anticipées, la population pourrait être fortement divisée, une participation trop faible minerait son résultat. Et puis, les élus sont choisis pour décider: s'ils s'en remettent à un référendum, à quoi servent-ils?

Devant ces arguments, pour et contre, LeDroit croit qu'une consultation servirait les intérêts d'un grand nombre de Gatinois.

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