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ÉDITORIAL/ La France pleure ses morts et son président François Hollande... (Agence France-Presse)

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ÉDITORIAL/ La France pleure ses morts et son président François Hollande annonce une intensification des opérations militaires en Syrie. Il cherchera même à bâtir une coalition avec entre autres la Russie et les États-Unis dans l'espoir de porter un coup fatal à l'ennemi qu'il appelle Daech, un autre vocable de l'État islamique.

Il ne faudrait pas se surprendre que le Canada reçoive une semblable demande, à la hauteur cependant de ce que notre pays aux effectifs militaires modestes peut contribuer.

D'autant plus que de nombreuses voix ont clamé à l'unisson, depuis l'hécatombe de ce vendredi 13, que la France était notre alliée, que nous étions à ses côtés, etc.

Mais voilà, le gouvernement de Justin Trudeau s'est engagé publiquement à mettre fin aux frappes aériennes que le Canada a menées au sein de la coalition internationale qui combat déjà l'État islamique. Ces missions de combat avaient été ordonnées par l'administration de Stephen Harper qui avait adopté des positions plus tranchées et plus militaristes en politique internationale.

Aujourd'hui, M. Trudeau fait face à un premier test de son leadership et sa promesse est confrontée aux pressions de plusieurs parts. Il y a nos engagements internationaux auprès de nos alliés, il y a la réputation de tenir ses engagements, il y a les voix des colombes de paix et des faucons de guerre qui appellent les uns à agiter une main de velours et les autres à dire que les fanatiques d'un islam extrémiste ne comprennent que la main de fer.

Le dilemme est compliqué par le fait que l'histoire récente n'a pas été tendre envers chacun des camps. Les États-Unis ont plongé dans une guerre contre le régime de Sadam Hussein en Irak: une fois renversé, les Américains n'avaient pas de plan de sortie. L'Irak sans Hussein n'est pas plus démocratique ni plus stable; au contraire puisque Daech en contrôle une large partie au nord-ouest.

La Libye est morcelée dans l'ère post-Mouammar Khadafi. La Syrie est en lambeaux et le régime de Bachar el-Assad, après avoir réprimé son propre peuple dans le sang et les gaz toxiques, ne tient qu'à un fil... l'aide de la Russie. Entre les pacifistes qui prônent l'aide humanitaire et les militaristes qui veulent envoyer des troupes au sol, que choisir? Y a-t-il même une solution au bourbier dans lequel l'État islamique a jeté le monde, maintenant qu'il ne se limite plus à combattre au Moyen-Orient?

À tout cela, pas encore, ou du moins, elle n'apparaît pas nettement dans le téléobjectif.

Mais au rôle du Canada, les choses n'ont pas à être aussi tranchées.

Le Canada sous Trudeau peut très bien mettre fin aux «quelques» attaques aériennes qu'il a menées tout en avertissant ses alliés que sa contribution prochaine sera différente. Le Canada a déjà ciblé le travail de formation des forces militaires au sol, comme chez les Kurdes par exemple. Il y a d'autres domaines où le Canada peut contribuer. Avant de penser à l'aide humanitaire, il peut agir en appui, assurant l'approvisionnement des troupes alliées par exemple, contribuer par un travail d'espionnage, ou encore comme intermédiaire sur le terrain.

Le Canada s'était engagé jusqu'à la fin mars. Beaucoup peut arriver au cours des quatre mois et demi qui nous séparent de cette échéance. Justin Trudeau n'a pas à se hâter.

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