Les vieux réflexes

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ÉDITORIAL/ Les vieux réflexes sont difficiles à secouer. Condamnés comme à chaque année à équilibrer le budget de la Ville de Gatineau, les élus ont eu recours à un stratagème familier: imaginer de nouvelles taxes.

Ils ont ainsi songé à taxer les stationnements commerciaux du centre-ville, à taxer les plaques d'immatriculation des véhicules de promenade, à taxer les communautés religieuses, même à taxer le litre d'essence!

Au moins, pour cette dernière mesure, le conseiller Denis Tassé est venu insuffler un peu de bon sens chez ses collègues, comme l'a rapporté notre collègue Mathieu Bélanger, dans notre édition de mercredi (Gatineau réfléchit à de nouvelles taxes). Si Montréal peut taxer le litre d'essence jusqu'à concurrence de 3 cents chacun, ce n'est pas partout pareil. La métropole peut agir ainsi sans trop réfléchir aux conséquences de son geste. Mais Gatineau est une ville frontalière qui subit déjà suffisamment de pertes commerciales sans en ajouter de manière frivole. Le gouvernement du Québec permet déjà de moins taxer le litre d'essence dans la région urbaine pour ne pas voir les stations service disparaître. Ne rien faire provoquerait une razzia sur les postes d'essence d'Ottawa... ce qui ferait chuter les revenus de la taxe provinciale sur le litre de carburant.

Il faut s'étonner que des élus municipaux témoignent de si peu de considération pour des commerces gatinois.

Sans compter que Québec pourrait mettre fin au statut particulier dont jouit l'Outaouais dans le secteur de l'essence.

Tout cela ne semble pas compter pour quelques conseillers municipaux de Gatineau. Ils ne semblent que voir les quelques millions $ que leurs mesures pourraient récolter à gauche et à droite.

De la même manière, le conseil municipal semble faire bien peu de cas des réflexions plus fondamentales que les élus devraient avoir. Outre le conseiller Maxime Tremblay et son exercice de recherche d'économies récurrentes, bien sûr...

Rappelons au passage qu'en 1995, le gouvernement fédéral avait entrepris un gigantesque exercice qu'il avait baptisé «Examen de programmes». Toutes les initiatives de l'État devaient franchir un triple test: le fédéral a-t-il à maintenir chacune de ses activités? Peut-il mieux la faire à moindre coût? S'il ne le fait pas, quel ordre de gouvernement serait mieux placé que lui?

Évidemment, ce questionnement est plus facile que le gouvernement est loin du citoyen. Au niveau municipal, il ne reste plus beaucoup d'alternatives vers qui pelleter des responsabilités collectives. Mais il est facile de vouloir plaire aux citoyens en embrassant des initiatives qui peuvent être vertueuses, mais non essentielles. Le remboursement partiel des couches lavables, abordé en 2012, en est un exemple. Le programme de la vingtaine de jardins communautaires a coûté quelque 115 000$ aux contribuables en 2014. On n'en sous-estime pas les bienfaits, mais de telles dépenses sont-elles cruciales à la mission des municipalités?

Ce questionnement est toujours un exercice difficile. On le voit dans le dossier de l'avenir de l'aréna Robert-Guertin où le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pris une position courageuse: la Ville de Gatineau n'a pas comme responsabilité de construire une patinoire qui servira principalement à une entreprise privée. Cette décision a froissé plusieurs supporters des Olympiques. Pourtant, à une époque où les finances publiques sont serrées, voilà exactement le genre de réflexion qui doit habiter l'esprit des élus municipaux. Même si ce n'est pas populaire auprès de certaines tranches de l'électorat. Dire non, voilà l'une des principales tâches des élus.

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