Ils ont beau jeu

Philippe Couillard... (La Presse Canadienne)

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Philippe Couillard

La Presse Canadienne

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Éditorial/ Il faut croire que les Québécois ne sont pas si bouleversés que ça par les mesures d'austérité mises en place par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Sinon ces derniers n'auraient pas remporté assez facilement trois des quatre élections partielles tenues lundi.

Deux se tenaient dans la région métropolitaine, une en Beauce, une sur la Côte-Nord. Celle de Saint-Henri-Sainte-Anne, qui englobe une partie du centre-sud de Montréal, était assez modeste avant de traverser un récent embourgeoisement. On aurait pu croire que les coupures en santé et en éducation auraient affecté négativement le vote libéral. Idem dans Fabre, une partie de Laval. Les avances des candidats du PLQ ont baissé mais plusieurs facteurs pourraient expliquer ce recul.

Dans Beauce-Sud, les libéraux ont facilement obtenu un nouveau mandat.

Il n'y a que la circonscription de René-Lévesque, autour de Baie-Comeau, qui a résisté. Le Parti québécois y a été réélu.

C'est plutôt la Coalition avenir Québec qui a écopé un peu partout. Son exercice de recentrage n'a pas encore porté fruit.

À plusieurs reprises au cours de la dernière année, LeDroit a soutenu en éditorial que les coupes budgétaires du gouvernement libéral étaient trop profondes et trop rapides, que ses effets sur les services à la population la rendaient inutilement vulnérables. Inutilement parce qu'il n'y a pas urgence à ce point de redresser les finances publiques du Québec. Une année de répit supplémentaire, par exemple, adoucirait le coup.

Et puis l'élection des libéraux au fédéral a entre autres démontré que les contribuables n'ont pas peur à ce point des déficits budgétaires.

Les électeurs ont parlé au provincial. Aujourd'hui, M. Couillard et sa coterie de droite économique ont le beau jeu.

Jour du Souvenir

Progressivement, le jour du Souvenir prend un nouveau visage. Longtemps associé aux vétérans des deux Guerres mondiales et celle de Corée, il n'y a plus que des têtes blanches dans les premiers rangs des militaires qui participent aux cérémonies officielles au Cénotaphe à Ottawa et ailleurs au pays.

Le pas lent des vétérans s'accompagne de plus en plus de celui plus alerte, mais pas moins digne, de ceux de milliers de soldats revenus des fronts d'Afghanistan, de l'ex-Yougoslavie, de diverses missions de paix au Moyen-Orient et ailleurs. Ce ne sont pas non plus nécessairement des amputés de guerre; pour plusieurs, les blessures sont même invisibles à l'oeil nu.

Le stress post-traumatique ne se voit pas mais les blessures de l'âme ne sont pas moins douloureuses à la fois pour les victimes (et leurs proches). Un rapport dévoilé hier sur la santé mentale dans les Forces armées canadiennes entre 1995 et 2014 indique d'ailleurs que le suicide est beaucoup plus présent dans ses rangs que dans la population en général, et plus prévalente chez ceux qui ont servi dans des missions de combat à l'étranger. Le gouvernement doit mieux s'occuper d'eux.

Les étiquettes dénigrantes de «shell-shock» ont longtemps été collées à la peau de ceux qui, le siècle dernier, revenaient du front avec des souvenirs douloureux. Nous aurions dû mieux les entourer. Mais il faut croire que c'était trop tôt. Aujourd'hui, le temps est venu. Depuis longtemps. Et les cérémonies du jour du Souvenir le refléteront davantage dorénavant.

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