Un nouveau départ

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Un dôme représentant la Terre a été installé au ministère français de l'Écologie, en prévision de la Conférence de Paris

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ÉDITORIAL / L'arrivée d'un nouveau gouvernement à Ottawa procurera un répit à la réputation du Canada sur la scène internationale en matière de changements climatiques.

Juste le fait d'être présent à la conférence de Paris, à la fin du mois, suffit à mettre le gouvernement de Justin Trudeau dans les bonnes grâces au concert des nations préoccupées par la crise climatique qui nous attend si rien n'est fait.

Le premier indice de la nouvelle disposition du Canada dans le domaine a été remarqué en fin de semaine à Paris, où se tenait une rencontre préparatoire au sommet baptisé COP21. Catherine McKenna, la nouvelle ministre de l'Environnement et du Changement climatique, était présente quelques jours à peine après sa nomination au cabinet de Justin Trudeau. La députée d'Ottawa-Centre est encore en train de se familiariser avec son énorme dossier mais sa présence et l'attitude d'ouverture qu'elle démontrait au nom du fédéral était bienvenue.

Si ce ne sont que quelques pas, ils sont bienvenus. Il était gênant de voir le Canada au rang des parias de la cause environnementale. Pourtant, le Canada est un des endroits dans le monde où des preuves certaines des changements climatiques sont les plus évidentes. Dans le Grand Nord, la fonte des glaciers est nettement perceptible depuis plusieurs années et le phénomène est inattaquable au niveau des faits.

Mais le gouvernement conservateur a martelé ses convictions pendant 10 ans. Le premier ministre Stephen Harper n'avait qu'une seule préoccupation: l'économie canadienne qui allait souffrir si était proposée quelque contrainte que ce soit à l'émission de gaz à effet de serre.

Ainsi il a répété sur toutes les tribunes - et enjoint ses troupes à faire de même - que tout cela n'était pas un si grand problème, que ce n'était pas la faute de la race humaine, que c'était la simple résultante de cycles naturels de réchauffement et de refroidissement.

Pendant 10 ans, on a claironné un mensonge qui tenait de l'hérésie aveugle. L'an dernier, le bureau de la ministre de l'Environnement avait répété: «Notre gouvernement est un leader mondial lorsque vient le temps de s'attaquer aux changements climatiques.»

Même si le Canada allait rater les cibles de réduction de gaz à effet de serre qu'il avait lui-même réduites par rapport aux objectifs de Kyoto.

Les seules réductions dont le fédéral pouvait se vanter... étaient le résultat des efforts de certaines provinces, le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique notamment. Rien ne devait déranger l'industrie des sables bitumineux, et encore moins cette année alors qu'elle a été abattue par un baril de pétrole sous la barre des 50$.

Pourtant, les signaux d'alarme s'accumulent. Lundi, l'Organisation météorologique mondiale a révélé que la concentration des GES dans l'atmosphère a atteint un nouveau record. En provoquant la montée du niveau de la mer, le réchauffement climatique met en péril plusieurs des grandes villes du monde.

Tout cela semble bien loin de nous. Dans un pays nordique comme le nôtre, quelques degrés de plus rendent le quotidien plus tolérable: nous convaincre d'agir pour ne pas ignorer les conséquences ailleurs, en Arctique ou au sud demeure difficile. Dix ans de lavage de cerveau ont fait leur travail.

Justin Trudeau ira à COP21 avec les premiers ministres des provinces: il n'y aura pas unanimité mais le sommet de Paris signale un nouveau départ. Un départ bienvenu.

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