La «vraie» ministre d'Ottawa-Gatineau

Mercredi, Mélanie Joly a été nommée ministre du... (Sean Kilpatrick, PC)

Agrandir

Mercredi, Mélanie Joly a été nommée ministre du Patrimoine canadien dans le nouveau gouvernement de Justin Trudeau... et responsable de la Commission de la capitale nationale.

Sean Kilpatrick, PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Il est un peu ironique qu'une candidate défaite à la mairie de Montréal, en 2013, devienne la ministre la plus influente... d'Ottawa-Gatineau! Plus que sa collègue Catherine McKenna!

Mercredi, Mélanie Joly a été nommée ministre du Patrimoine canadien dans le nouveau gouvernement de Justin Trudeau... et responsable de la Commission de la capitale nationale.

Son intérêt pour la chose municipale est évident. Il y a deux ans, la jeune avocate a fini en deuxième place dans la course à la mairie de la métropole, derrière Denis Coderre. Son image de renouveau et une campagne bien menée avaient propulsé sa campagne à l'avant-scène.

Aujourd'hui, elle détient les leviers d'un gigantesque outil de gestion de la présence fédérale dans la région, qui va de la préservation de la couronne de verdure à la gestion d'un immense parc immobilier dont les résidences officielles, de ponts, de monuments, du canal Rideau et du parc de la Gatineau.

La mention de monuments n'est pas fortuite. Depuis deux ans, le gouvernement conservateur planifiait l'érection d'un controversé Monument aux victimes du communisme sur un site encore plus controversé, voisin de la Cour suprême du Canada. Nombre d'intervenants, dont LeDroit, s'étaient opposés à l'idée de ce monument fourre-tout, et a fortiori dans un lieu qui incarne l'impartialité du système de justice du pays.

Mme Joly sera fortement encouragée à mettre le dernier clou dans le cercueil de cette idée mal fagotée.

Puis, elle devra arbitrer les travaux de rénovations du 24 Sussex, la résidence du premier ministre, vieille de 150 ans.

Stephen Harper n'a jamais voulu aller de l'avant avec ces travaux que même la vérificatrice générale Sheila Fraser avait considérés comme essentiels... en 2008. Sept ans plus tard, la propriété s'est détériorée encore un peu et la facture alors estimée à 10 millions $ montera. Quel en sera le plafond politiquement acceptable? Douze millions? Quinze? Vingt-cinq? Combien dépenser pour cette construction dont la valeur architecturale est contestée, mais pas la valeur historique?

La ministre Joly pourrait-elle même réévaluer la décision de déménager le campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa sur des terres de la Ferme expérimentale?

Que pensera-t-elle de l'idée d'inviter formellement les maires d'Ottawa et Gatineau à siéger au conseil de la CCN? Cela coule pourtant de source: les citoyens de la région sont les premiers concernés par les décisions de la CCN et leur point de vue n'est qu'accessoirement pris en compte.

Enfin, pendant longtemps, la CCN s'est chargée d'un autre volet très visible, l'animation de la capitale. C'est Bal de neige, la Fête du Canada, l'opération beauté de la capitale. Derrière le paravent de ne pas irriter certains contribuables qui trouvent qu'Ottawa leur coûte trop cher, les conservateurs ont liquidé le volet «animation» de la CCN pour le transférer au ministère du Patrimoine (où il peut mieux le contrôler). 

Cela a notamment mené au dérapage de jeux militaires à Bal de neige parce que le gouvernement en place avait décidé de faire des célébrations guerrières un élément clé de son programme. La nouvelle ministre devrait enclencher une révision de ce virage à partir d'une vaste réflexion du volet animation de la capitale.

Mélanie Joly pensait certainement à sa circonscription de Montréal et à contribuer à l'équipe Trudeau en se lançant en politique fédérale. Elle ne se doutait pas qu'elle pourrait faire une différence pour les gens d'Ottawa-Gatineau...

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer